Comparaisons à un groupe contrôle externe

1 Introduction

2 TL ; DR - Guide d’évaluation des comparaisons à un groupe contrôle externe

3 Les études de comparaison externe, de quoi s’agit-il ?

4 Pour quels usages

5 Les problématiques méthodologiques soulevées par les comparaisons externes

6 Les comparaisons externes sont des études observationnelles

7 Position des agences de régulation et de HTA

8 De la nécessité d’avoir des preuves de l’intérêt cliniques des nouveaux traitements

9 Les sources de données utilisables

10 Les problématiques liées à l’aspect rétrospectif de ces études

11 Rédaction du protocole

12 Démarche hypothético déductive

13 L’inférence causale et les hypothèses sous-jacentes

14 Le biais de confusion

15 Les techniques d’analyses statistiques

15.1 Les techniques basées sur l’appariement (matching )

15.2 Le score de propension

15.2.1 Définition

15.2.2 Le calcul du score de propension

15.2.3 L’importance du chevauchement des distributions des scores de propension

15.3 L’appariement sur le score de propension

§ Limites de l’appariement sur le score de propension

15.4 Les méthodes de pondération

15.4.1 Principes

§ L’effective sample size (ESS)

§ Distribution des poids, hypothèse de positivité

15.4.2 Pondérations non basées sur le score de propension

15.5 La g computation (g formula)

15.6 Les méthodes doubles robustes

15.7 Les méthodes de régression

15.8 Les techniques d e maching learning (IA)

16 Le diagnostic d’absence de biais de confusion résiduel

17 Les biais de sélection

18 Identifications des patients dans la source de données

19 Biais liés aux données

20 La qualité des données

21 Les outils d’évaluation du risque de biais

22 L’émulation d’un essai cible

23 Le benchmarking et les contrôles positifs

24 Analyses de sensibilité , analyses quantitatives du biais

25 Calcul d’effectif

26 Contrôle du risque alpha global

27 Pertinence clinique

28 Méta-épidémiologie et étude de cas

29 Synopsis - les critères d’acceptabilité des études de comparaisons externes pour la modification des stratégies thérapeutiques

Références

30 Annexes

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15.2.3 L’importance du chevauchement des distributions des scores de propension

La distribution des scores de propension dans les deux groupes permet d’explorer le respect de l’hypothèse de positivité de l’inférence causale (cf. section 13.1.1).

Cette hypothèse stipule que tous les patients, quelles que soient leurs caractéristiques étaient susceptibles de recevoir les deux traitements. Il n’existe pas de patients qui compte tenu de leurs caractéristiques avaient une probabilité nulle de recevoir l’un des deux traitements, c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient pas recevoir l’un des deux traitements.

Comme le score de propension est un condensé de caractéristiques des patients, l’hypothèse de positivité sera non vérifiée si pour certains scores de propension existent que des patients traités avec l’un ou l’autre des deux traitements. Ce point peut se vérifier en comparant la distribution des scores de propension dans les 2 groupes (Figure 8, Figure 9, Figure 10 et Figure 11). Cette hypothèse sera vérifiée quand les deux distributions se chevauchent parfaitement.

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Figure 8 – Exploration du chevauchement des distributions du score de propension dans les deux groupes de traitement (DMT A et DMT B). les deux distributions se chevauchent très largement permettant de conclure que l’hypothèse de positivité n’est pas violée (d’après ref [143] ).

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Figure 9 – Situation caractéristique d’un non-respect de l’hypothèse de positivité. Les deux distributions ne se chevauchent pas. Pour un score de propension inférieure à environ 0.25 les patients avaient une probabilité nulle de recevoir le traitement bleu et pour les scores supérieurs à 0.8, les patients avaient une probabilité nulle de recevoir le traitement rouge.

En cas de non-vérification de l’hypothèse de positivité du fait d’un non-chevauchement des distributions, il est parfois proposé de faire un trimming, c’est-à-dire de ne retenir que la plage de score de propension où les distributions se chevauchent. Dans ce cas et pour les études observationnelles classiques l’estimand change est devient l’estimand ATO (average treatment effect in the overlap population ) qui peut s’interpréter comme l’effet causal du traitement évalué chez les patients pour lesquels les médecins sont encore ambivalents quant au choix du traitement (il y a équipoise pour ces patients) [144] . Cependant si cette approche améliore les performances statistiques elle limite l’interprétation et la généralisabilitée des résultats. L’ATO est l’estimand d’un effet traitement dans une population difficile à définir de façon clinique. Son utilisation dans les comparaisons externes est à exclure.

Dans le cas des comparaisons à un groupe contrôle externe l’interprétation de l’estimand obtenu après trimming est moins évident. D’autres solutions en cas de non-positivité sont en cours de développement [145] .

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Figure 10 – Représentation en nuage de points des scores de propension des deux groupes comparés. Apparaissent sur les patients (points) des deux groupes qui sont en dehors de la région commune (common support ) et ceux du groupe contrôle qui n’ont pas pu être appariés.

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Figure 11 – Représentation en boxplot des distributions des score de propension avant et après appariement