Comparaisons à un groupe contrôle externe

1 Introduction

2 TL ; DR - Guide d’évaluation des comparaisons à un groupe contrôle externe

3 Les études de comparaison externe, de quoi s’agit-il ?

4 Pour quels usages

5 Les problématiques méthodologiques soulevées par les comparaisons externes

6 Les comparaisons externes sont des études observationnelles

7 Position des agences de régulation et de HTA

8 De la nécessité d’avoir des preuves de l’intérêt cliniques des nouveaux traitements

9 Les sources de données utilisables

10 Les problématiques liées à l’aspect rétrospectif de ces études

11 Rédaction du protocole

12 Démarche hypothético déductive

13 L’inférence causale et les hypothèses sous-jacentes

13.1 Définition

13.1.1 Hypothèse de positivité

13.1.2 Hypothèse SUTVA

§ Non interférence

§ Cohérence (consistency ) /

13.1.3 Échangeabilité conditionnelle

13.2 Petite introduction à l’inférence causale

13.3 Association n’est pas causalité

13.3.1 DAG générique des comparaisons externes

13.4 Effet causal, estimand causal , cible de l’inférence

13.4.1 Effet traitement moyen (average treatment effect)

13.4.2 Analyse en intention de traiter (as started ) / analyse per protocole (as treated )

14 Le biais de confusion

15 Les techniques d’analyses statistiques

16 Le diagnostic d’absence de biais de confusion résiduel

17 Les biais de sélection

18 Identifications des patients dans la source de données

19 Biais liés aux données

20 La qualité des données

21 Les outils d’évaluation du risque de biais

22 L’émulation d’un essai cible

23 Le benchmarking et les contrôles positifs

24 Analyses de sensibilité , analyses quantitatives du biais

25 Calcul d’effectif

26 Contrôle du risque alpha global

27 Pertinence clinique

28 Méta-épidémiologie et étude de cas

29 Synopsis - les critères d’acceptabilité des études de comparaisons externes pour la modification des stratégies thérapeutiques

Références

30 Annexes

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13.1 Définition

L’inférence causale est une approche théorique, mathématique [112] [113] [114] qui a permis de déterminer les conditions que devait vérifier une association statistique pour avoir la valeur de relation causale. Cette approche permet aussi de clarifier la notion de question causale et d’estimand causal qui permettent de comprendre quelle analyse est nécessaire pour répondre à quelle question.

En pratique, dans une étude observationnelle, l’inférence causale vise à estimer, autant que possible, l’effet causal d’un traitement malgré l’absence de randomisation

Ainsi, pour permettre une conclusion causale, quatre hypothèses fondamentales doivent être vérifiées :

  • L’hypothèse de positivité
  • L’hypothèse de non-interférence
  • L’hypothèse de cohérence (consistancy )
  • L’hypothèse d’échangeabilité

L’inférence causale (conclure à un effet causal) nécessite donc la validité de ces quatre hypothèses appelées conditions d’identifiabilité (identifiability conditions ).

L’inférence causale montre aussi que toutes méthodes d’estimation d’une différence entre les groupes n’estiment pas forcément un effet causal du traitement. De plus les termes "effet du traitement" ou "effet causal" sont extrêmement ambigus, car il est possible de définir plusieurs effets traitements (effets causaux). Tout dépend de la question causale dont on part [115] .

Ainsi cette réflexion théorique [41] montrer l’importance fondamentale :

  • De bien définir l’effet traitement causal que l’on cherche (on parle de question causale )
  • D’en déduire la quantité, l’estimand qui correspond à cette question causale, c’est-à-dire l’estimand causal .
  • D’utiliser une méthode statistique qui estime bien l’estimand causal (estimand statistique c’est-à-dire ce que mesure la méthode d’estimation est bien l’estimand causal auquel on s’intéresse)
  • De vérifier que les données utilisées vérifient bien les hypothèses de l’inférence causale (on parle d’identification de l’estimand causal par les données) et les hypothèses de la méthode statistique utilisée pour l’estimation

IMGFigure 2 – Estimand causal, estimand statistique et estimation (supplément de la réf [41] )

Une simple comparaison avant-après n’est pas une comparaison contrefactuelle acceptable [77] . Il est donc impossible de conclure à un effet causal à partir d’une simple étude monobras même si le critère est un changement avant après qui donne l’impression que le patient est son propre témoin et que le raisonnement contrefactuel est respecté (cf. section 9.4).