Comparaisons à un groupe contrôle externe

1 Introduction

2 TL ; DR - Guide d’évaluation des comparaisons à un groupe contrôle externe

2.1 Validité méthodologique et épistémique

2.2 Biais de confusion

2.3 Biais de sélection

2.4 Autres biais

2.5 Autres points : assurance qualité, multiplicité des comparaisons, pertinence clinique

3 Les études de comparaison externe, de quoi s’agit-il ?

4 Pour quels usages

5 Les problématiques méthodologiques soulevées par les comparaisons externes

6 Les comparaisons externes sont des études observationnelles

7 Position des agences de régulation et de HTA

8 De la nécessité d’avoir des preuves de l’intérêt cliniques des nouveaux traitements

9 Les sources de données utilisables

10 Les problématiques liées à l’aspect rétrospectif de ces études

11 Rédaction du protocole

12 Démarche hypothético déductive

13 L’inférence causale et les hypothèses sous-jacentes

14 Le biais de confusion

15 Les techniques d’analyses statistiques

16 Le diagnostic d’absence de biais de confusion résiduel

17 Les biais de sélection

18 Identifications des patients dans la source de données

19 Biais liés aux données

20 La qualité des données

21 Les outils d’évaluation du risque de biais

22 L’émulation d’un essai cible

23 Le benchmarking et les contrôles positifs

24 Analyses de sensibilité , analyses quantitatives du biais

25 Calcul d’effectif

26 Contrôle du risque alpha global

27 Pertinence clinique

28 Méta-épidémiologie et étude de cas

29 Synopsis - les critères d’acceptabilité des études de comparaisons externes pour la modification des stratégies thérapeutiques

Références

30 Annexes

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2.3 Biais de sélection

Un biais de sélection peut-il être exclu ?

Un biais de sélection peut être exclu, car l’inclusion (ou la non-inclusion) des patients ou des périodes d’observation par patient dans le groupe contrôle ne pouvait pas dépendre de l’outcome ?

Le biais de sélection est typiquement un biais qui n’est pas dépendant des données, mais qui est introduit principalement par une mauvaise conception de l’étude (cf. section 17). Le cadre conceptuel de l’émulation d’un essai cible cherche à prévenir ces erreurs de construction (cf. section 22).

Un biais de temps d’immortalité est-il exclu ?

La définition des temps de début de suivi (t0) est-elle à même d’éviter un temps d’immortalité (cf. section 18.1.1) ? Les temps de début de suivi utilisés émulent correctement ce qui se passe dans un essai randomisé ? Les résultats (en particulier les courbes de Kaplan Meier) ne suggèrent pas de temps d’immortalité ?

Une approche d’émulation d’essais cibles a-t-elle était utilisée ?

L’émulation d’un essai cible est un cadre de construction des études observationnelles évaluant un traitement qui permet d’éviter une certaine erreur de conception, en particulier celles qui pourraient entrainer un biais de sélection (cf. section 22).

L’analyse de la réalisation de cette émulation amène à se poser les questions suivantes.

L’étude a-t-elle été vraiment conçue suivant cette approche d’émulation ? L’étude de comparaison externe émule-t-elle réellement l’essai cible décrit ?

Le protocole de l’essai émulé est-il satisfaisant ? Correspond-il à un essai adapté pour répondre à la question causale posée (c’est-à-dire le bénéfice clinique du nouveau traitement par rapport au contrôle) ? Cet essai émulé est-il à l’abri des biais (hormis les biais liés à l’absence d’aveugle) ? La question causale à laquelle il va pouvoir répondre correspond-elle à l’objectif de démonter le bénéfice clinique du nouveau produit avec le standard de robustesse des résultats nécessaire pour la construction de la stratégie thérapeutique ?

Les éventuelles adaptations de l’essai effectuées pour coller aux données permettent encore de répondre à la question posée ?

Le groupe contrôle n’a-t-il inclus que des patients incidents (new users design ) ?

Un élément de protection par design contre les biais de sélection (déplétion des susceptibles) est d’inclure dans le groupe contrôle externe que des patients incidents pour synchroniser au mieux les t0 des 2 groupes (cf. section 17). Cela n’est pas possible si la comparaison est versus « absence de traitement ».

Les t0 de début de suivi sont-ils correctement synchronisés entre les 2 groupes ?

Le suivi débute-t-il bien dans les 2 groupes à un moment où l’éligibilité est vérifiée et le traitement débuté (cf. section 17.2) ? Ce t0 est-il bien synchronisé entre les 2 groupes ?

En cas de multiplicité des t0 possibles (pathologie chronique, comparaison à un groupe contrôle non traité, etc.), une approche de duplication ou de cloning a-t-elle été utilisée ? l’analyse statistique en découlant est-elle satisfaisante ?

Lorsque la comparaison s’effectue avec un groupe contrôle externe non traité, il existe de nombreuses possibilités de fixer le t0 de début de suivi (il existe plusieurs temps où, simultanément, l’éligibilité est vérifiée et le patient ne reçoit pas de traitement. Ces multiples t0 nécessite de les prendre tous en compte avec des techniques de clonage des patients (cf. section 17.3). Le choix arbitraire d’un de ces t0 serait problématique (par exemple le choix systématique du premier t0 possible augmenterait la durée de suivi des patients et la probabilité d’observer le critère de jugement, favorisant ainsi le traitement étudié).