2 TL ; DR - Guide d’évaluation des comparaisons à un groupe contrôle externe
3 Les études de comparaison externe, de quoi s’agit-il ?
5 Les problématiques méthodologiques soulevées par les comparaisons externes
6 Les comparaisons externes sont des études observationnelles
7 Position des agences de régulation et de HTA
8 De la nécessité d’avoir des preuves de l’intérêt cliniques des nouveaux traitements
9 Les sources de données utilisables
§ Avantages inconvénients des différentes sources de données secondaires
9.2 Groupe contrôle externe prospectif
9.4 « Données de la baseline »
9.5 Recherche et qualification de la source de données
10 Les problématiques liées à l’aspect rétrospectif de ces études
12 Démarche hypothético déductive
13 L’inférence causale et les hypothèses sous-jacentes
15 Les techniques d’analyses statistiques
16 Le diagnostic d’absence de biais de confusion résiduel
18 Identifications des patients dans la source de données
21 Les outils d’évaluation du risque de biais
22 L’émulation d’un essai cible
23 Le benchmarking et les contrôles positifs
24 Analyses de sensibilité , analyses quantitatives du biais
26 Contrôle du risque alpha global
En remplacement d’une comparaison à un groupe contrôle externe, certaines études monobras utilisent une comparaison intra-patient du changement de la valeur du critère de jugement par rapport à la baseline, en invoquant le principe du patient étant son propre témoin. Le changement entre la fin de l’étude et la valeur de baseline (« change from baseline », on parle aussi de « change score », est alors proposé comme mesure de « l’effet causal » du traitement. Cependant il est montrable que ce changement ne permet pas de faire de l’inférence causale [77] .
Le principe du patient étant son propre témoin est exploitable dans l’essai randomisé en cross-over, justement en raison de la randomisation des séquences de traitement sur les 2 périodes de l’essai. Cette randomisation permet de se défaire de l’influence de l’évolution temporelle.
En dépit de cette limite qui est mal connue, cette approche simpliste est fréquemment utilisée. Elle a été retrouvée dans 33% des soumissions hors oncologie à la FDA incluant un « contrôle externe » [78] .
Le principe du patient étant son propre témoin peut être exploité dans les études observationnelles, sous la forme d’étude de type « série temporelle interrompue » ou autres designs autocontrôlés (self controlled ) [79] [80] [81] [82] [83] [84] . Dans ces études, le critère de jugement fait l’objet de nombreuses mesures au cours du temps avant et après l’introduction du traitement. Les mesures répétées avant le traitement permettent de modéliser l’évolution « naturelle », sans traitement, de chaque patient. De même, les mesures répétées après l’introduction u traitement permettent de modéliser l’évolution sous traitement. L’effet du traitement est recherché en comparant les modèles avant et après.
La comparaison des évolutions avant et après permet dans une certaine mesure d’isoler l’effet traitement de l’évolution naturelle du critère de jugement au cours du temps (à condition que le modèle soit bien spécifié).
La forme la plus aboutie de cette approche, appelée « difference in differences », DID [85] , utilise un vrai groupe contrôle externe comme référence de l’évolution temporelle sans traitement sur la même période. Mais il existe de nombre méthode ou design d’étude « self-controlled » cherchant à exploiter le sujet comme son propre témoin [86] .
Ce sujet étant très différent des groupes contrôle externe (qui par définition repose sur une comparaison inter-patient), nous ne rentrerons pas plus dans le détail de ces méthodes.