#001 Je prends un corticoïde qui m’a été prescrit pour une maladie chronique. Dois-je l’arrêter ?

La réponse à cette question a fait l’objet de recommandations par plusieurs sociétés savantes.

Ces médicaments pris de façon chronique notamment pour une maladie auto-immune (rénale,...) ou inflammatoire (rhumatismale, …) ne doivent pas être arrêtés de votre propre initiative. En effet, tout arrêt injustifié du traitement pourrait entrainer une rechute de votre maladie mais également une insuffisance surrénalienne aigue et compliquer votre prise en charge dans le contexte actuel. Compte tenu de votre fragilité, il est indispensable d’adopter les mesures préventives recommandées (gestes barrières et confinement au domicile autant que possible).

attentionEn cas de signes évocateurs d’infection (fièvre, toux, courbatures,...), il faut contacter votre médecin traitant et/ou le médecin référent de votre maladie.   

Références

#002 Je souhaite prendre un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS)* pour la fièvre, que dois-je faire ?

La réponse à cette question est issue de recommandations.

attentionIl est préférable de ne pas le prendre, surtout si la fièvre est en lien avec une possible infection à SARS CoV2.

En effet, il est recommandé de ne pas utiliser d’anti-inflammatoire non stéroïdien dans le traitement symptomatique des manifestations de l’infection à SARS CoV2, comme la fièvre, les myalgies, …même en cas de prise ponctuelle. Le PARACETAMOL, à dose recommandée et en l’absence de contre-indication, est à privilégier en cas de symptômes de type fièvre, douleurs et courbatures.

En effet, dans cette situation, la prise d’un AINS pour les premières manifestations de l’infection à SARS CoV2 pourrait favoriser l’évolution vers une forme grave de COVID. Cette hypothèse est étayée par des données expérimentales suggérant que l’ibuprofène augmenterait l’expression de l’enzyme de conversion de l’angiotensine II, qui sert de récepteur au virus et par des données mécanistiques, les AINS empêchant le processus inflammatoire utile à la phase initiale de l’infection virale. Dans une synthèse nationale récente des cas notifiés en pharmacovigilance d’infections à SARS-CoV-2 compliquées de pneumonie, les patients ayant pris un AINS pour les symptômes précoces de l’infection avaient des caractéristiques cliniques différentes des cas de réanimation décrits par Santé Publique France (plus jeunes, moins de comorbidités, évolution plus fréquente vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë). En revanche, les patients prenant des AINS en traitement chronique avaient des caractéristiques similaires, le sur-risque éventuel lié à l’AINS étant à la marge par rapport à celui inhérent au terrain.

Ainsi, en l’absence d’étude clinique en faveur d’un bénéfice des AINS sur les symptômes précoces de l’infection à SARS-CoV-2 et du risque possible d’aggravation, la recommandation est de ne pas utiliser d’AINS en cas de symptôme précoce évoquant une infection à SARS-CoV-2 (fièvre, toux fébrile, myalgies, syndrome pseudo-grippal,…). En revanche, un traitement chronique par AINS pour une pathologie rhumatologique peut être poursuivi.

doigtSi vous prenez un AINS pour une maladie chronique , ne l’arrêtez pas de vous-même car vous risquez d’aggraver votre maladie. Demandez conseil à votre médecin

Les résultats des quelques études pharmacoépidémiologiques récentes n’ont pas conduit à remettre en cause cette recommandations (Jeon et al, 2020 ; Wong et al 2020, Lund et al, 2020) car elles n’ont pas été construites en s’appuyant sur le profil initial à risque qui est l’usage ponctuel d’AINS pour de la fièvre, de la toux ou des myalgies. Le plus souvent ces études ont englobé tous les AINS quels que soient le motif de la prise et la durée de la prise (souvent remontant à plusieurs mois), exposition mesurée à partir de bases de données de remboursement des médicaments (qui exclut souvent et majoritairement les AINS pris en vente libre pour de la fièvre ou de la toux) ou encore le risque mesuré dans ces études était le decès (ce qui n’a jamais été au préalable décrit avec les AINS en prise ponctuelle et ne repose sur aucune hypothèse). De plus, ce risque de décés n’a pas pris en compte les autres facteurs comme l’obésité qui est un facteur de risque de décès dans la COVID-19.

References

Liste des AINS disponibles par voie orale :

  • Ibuprofène (Advil® (-Med®, -Caps®), Brufen®, Entralgis®, Hemagen Tailleur®, Ibupradol®, Intralgis®, Nureflex®, Nurofen® (-Caps®, -Fem®, -Flash®, -Tabs®), Spedifen®, Spifen®, Upfen®, Advilmed®, Antarene®, Nuprofrenpro®, Spedifen®, Spifen®, Pedea®)
  • Kétoprofène (Ketum®, Toprec®, Profemigr®, Profenid®, Biprofenid®, Toprec®, Profenid®)
  • Flurbiprofène (Antadys®, Cebutid®, Strefen®)
  • Fénoprofène (Nalgesic®)
  • Alminoprofène (Minalfene®)
  • Dexkétoprofène (Anantyum®, Ketesse®)
  • Nabumétone (Nabucox®)
  • Naproxène (Alevetabs®, Antalnox®, Apranax®, Naprosyne®)
  • Acide Tiaprofénique (Flanid®, Surgam®)
  • Acéclofénac (Cartrex®)
  • Diclofénac (Flector®, Voltarene®)
  • Etodolac (Lodine®)
  • Acide Méfénamique (Ponstyl®)
  • Morniflumate, Acide Niflumique (Nifluril®)
  • Célécoxib (Celebrex®)
  • Etoricoxib (Arcoxia®)
  • Parécoxib (Dynastat®)
  • Méloxicam (Mobic®)
  • Piroxicam (Brexin®, Cycladol®, Feldene® (-Dispersible®), Feldene®, Zofora®)
  • Ténoxicam (Tilcotil®)
  • Indométacine (Indocid®, Chrono-Indocid®)
  • Sulindac (Arthrocine®)

#003 Puis-je utiliser du gel hydroalcoolique de façon répétée pour mes enfants ?

La réponse à cette question est issue de recommandations. 

L’utilisation des solutions hydroalcooliques (SHA) est répandue. Leur sécurité d’emploi a été évaluée à la suite de l’épidémie H1N1 sans signal de toxicité sur peau saine, et ils sont considérés comme bien tolérés y compris chez l’enfant dans un rapport de l’ANSM en 2011. L’absorption d’alcool par la peau ou par inhalation des vapeurs est extrêmement faible voire indétectable même après des applications répétées. Cependant, il existe un risque de lésions oculaires en cas de projection accidentelle dans les yeux des jeunes enfants. La conclusion est cependant que le lavage des mains est préconisé en première intention dès lors qu’un point d’eau potable est disponible, réalisé avec un savon (les savons liquides sont à privilégier).
Respecter un temps de lavage minimum de trente secondes, bien rincer et sécher les mains avec des essuie-mains ou serviettes propres.

En l’absence de point d’eau, lavage au SHA en suivant les recommandations suivantes :

  • Eviter que l’enfant porte ses mains à la bouche après application de SHA et lui laver les mains au savon dès que possible.
  • Eviter de laisser la SHA à la portée des enfants en bas âge (que ce soit pour le risque d’ingestion ou de projection dans les yeux). Privilégier, la prise du gel hydroalcoolique par l’accompagnateur qui l’appliquera lui-même sur les mains de l’enfant.
  • En cas de projection dans l’œil, rincer immédiatement l’œil pendant une quinzaine de minutes à l’eau. En cas de douleur vive après rinçage, consulter un ophtalmologue (risque lésions oculaires).

Référence :
https://www.ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/3c6cccea290f8d00e649160cd5d4a9aa.pdf

#004 Je suis asthmatique sous SERETIDE (fluticasone, salmétérol). Dois-je arrêter mon traitement de fond de l'asthme dans le contexte de l'épidémie de COVID-19?

La réponse à cette question est issue de recommandations.

attentionNon, il ne faut pas arrêter vos traitements de fond de votre pathologie.

En effet, la priorité est le contrôle de l’asthme. Une infection virale peut exposer au risque d'une crise aiguë d'asthme qui peut être fatale. Ce n’est surtout pas le moment d’arrêter ou de réduire le traitement de fond pour ne pas nécessiter une hospitalisation pour cet asthme. Observez à la lettre et plus que jamais la prescription de votre traitement continu. N’oubliez pas de vous rincer soigneusement la bouche après chaque inhalation et cracher sans avaler le liquide.

Pour plus d'informations sur :

  • Les traitements de fond de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #004 et #038.
  • Les traitements de crise de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #056 et #083.
  • Les traitements de l'asthme allergique saisonnier, vous pouvez consulter la question #005.
  • Le risque de contagion des inhalateurs, vous pouvez consulter la question #015.
Traitements de fond de l'asthme par voie inhalée :
Molécule seule :
  • Formotérol (ASMELOR®, FORADIL®, FORMOAIR®)
  • Salmétérol (SEREVENT®, SEREVET DISKUS®)
  • Béclométhasone (BECLOJET®, BECLOSPRAY®, BECOTIDE®, BEMEDREX EASYHALER®, ECOBEC®, MIFLASONE®, QVAR AUTOHALER®, QVARSPRAY®)
  • Budésonide (ACORSPRAY®, MIFLONIL®, NOVOPULMON®, PULMICORT®)
  • Ciclésonide (ALVESO®)
  • Fluticasone (FLIXOTIDE®, FLIXOTIDE DISKUS®)
  • Mométasone (ASMANEX TWISTHALER®)
  • Tiotropium (SPIRIVA RESPIMAT®)
Molécules en association
  • Fluticasone + Vilantérol (RELVAR ELLIPTA®, REVINTY ELLIPTA®)
  • Formotérol + Béclométhasone (FORMODUAL®, FORMODUAL NEXTHALER®, INNOVAIR®, INNOVAIR NEXTHALER®)
  • Formotérol + Budésonide (DUORESP SPIROMAX®, GIBITER EASYHALER®, SYMBICORT TURBUHALER®)
  • Formotérol + Fluticasone (FLUTIFORM®)
  • Salmétérol + Fluticasone (SERETIDE®, SERETIDE DISKUS®)
Traitements de fond de l'asthme par voie orale, à avaler :
  • Bambutérol (OXEOL®)
  • Terbutaline (BRICANYL®)
  • Montélukast (SINGULAIR®)
  • Théophylline (DILATRANE®, TEDRALAN®, THEOSTAT®)
Traitements de fond de l'asthme par voie injectable :
  • Omalizumab (XOLAIR®)
  • Mépolizumab (NUCALA®)
  • Benralizumab (FASENRA®)
  • Dupilumab (DUPIXENT®)

Voir la position du groupe de travail Asthme et Allergies groupe commun SPLF/SFA sur la prise en charge des asthmatiques pendant l’épidémie de COVID-19 : https://splf.fr/wp-content/uploads/2020/03/G2A-covid-et-asthme_CRISALIS.pdf

#005 J’ai un asthme allergique saisonnier, et je prends habituellement à cette période des corticoïdes inhalés. Dois-je initier le traitement dans le contexte de l'épidémie de COVID-19?

La réponse à cette question est issue de recommandations.

La réponse à cette question dépend de la sévérité de votre asthme. On ne conseille pas de démarrer de corticoïde inhalé sans avis médical. Votre médecin ou pneumologue pourront vous prescrire des corticoïdes inhalés s'ils le jugent nécessaire. Si vous avez d’autres manifestations allergiques, les antihistaminiques ne sont pas contre-indiqués.

Pour plus d'informations sur :

  • Les traitements de fond de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #004, #017, et #038.
  • Les traitements de crise de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #056 et #083.
  • Le risque de contagion des inhalateurs, vous pouvez consulter la question #015.

Corticoïdes inhalés en monothérapie :

  • Béclométhasone (BECLOJET®, BECLOSPRAY®, BECOTIDE®, BEMEDREX EASYHALER®, ECOBEC®, MIFLASONE®, QVAR AUTOHALER®, QVARSPRAY®)
  • Budésonide (ACORSPRAY®, MIFLONIL®, NOVOPULMON®, PULMICORT®)
  • Ciclésonide (ALVESO®)
  • Fluticasone (FLIXOTIDE®, FLIXOTIDE DISKUS®)
  • Mométasone (ASMANEX TWISTHALER®)

Voir la position du groupe de travail Asthme et Allergies groupe commun SPLF/SFA sur la prise en charge des asthmatiques pendant l’épidémie de COVID-19 : https://splf.fr/wp-content/uploads/2020/03/G2A-covid-et-asthme_CRISALIS.pdf

#006 Je prends des médicaments du système rénine angiotensine* pour mon hypertension artérielle, mon insuffisance cardiaque ou mon insuffisance rénale, dois-je les arrêter ?

* médicaments du système rénine - angiotensine : ramipril, périndopril, trandolapril, captopril, énalapril, lisinopril ; candésartan, irbésartan, valsartan, losartan, ...

La réponse à cette question fait l'objet de recommandations et d'un consensus d'experts.

Aujourd’hui, la réponse est clairement qu’il ne faut pas arrêter le traitement d’une maladie chronique comme l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque ou l’insuffisance rénale.
Les Sociétés Européennes de Cardiologie et d'Hypertension ont adopté le 12 mars 2020 une position très claire, demandant aux patients et à leurs médecins de ne pas interrompre ces traitements. (voir http://www.sfhta.eu/?p=6670)

Par extension, d'après nos experts, en l'état des connaissances actuelles, il n'est donc pas non plus recommandé de remplacer ces traitements par d'autres médicaments, aucun traitement anti-hypertenseur n'ayant fait la preuve, à ce jour, de propriétés bénéfiques/délétères en contexte d'infection COVID-19.

En savoir plus: Les infections COVID 19 pourraient être en partie déclenchées par la liaison du virus à une cible présente dans l’organisme humain appelée « récepteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 » ; cette cible est très présente dans les poumons, ce qui pourrait expliquer l’atteinte respiratoire majoritaire. Le lien entre l'utilisation de traitements contre l'hypertension artérielle, l'insuffisance cardiaque ou l’insuffisance rénale et une quelconque modulation de ces récepteurs à même de favoriser les infections COVID19 n'est aucunement établi à l'heure actuelle.

L’essai Coverage [1] randomisé, multicentrique, contre groupe contrôle, compare quatre traitements différents contre la COVID-19, dont le Telmisartan qui est un médicament du système rénine-angiotensine. A ce jour les résultats sont cependant toujours en cours et ne sont pas disponibles. Pour en savoir plus, voir la question #020

L’essai BRACE-Corona [2] est une étude de phase 4, multicentrique, étudiant l’impact clinique de l’arrêt ou de la poursuite des traitements du système rénine-angiotensine dans le contexte de la maladie à COVID-19. Cette étude a inclu prospectivement 659 patients traités par des médicaments du système rénine angiotensine (IEC/ARA2) et hospitalisés avec un diagnostic confirmé de COVID-19, formes légère à modérée. Ces patients ont été répartis en deux groupes : Un groupe poursuivant les traitements IEC/ARA2 et l’autre groupe les arrêtant.  Le critère de jugement combinait la durée d’hospitalisation et la survie de chacun de ces deux groupes.
Les résultats ont montré qu’il n’existe pas de différence significative entre les deux groupes sur ce critère de jugement. Dans cet essai non randomisé de phase 4, il n’a pas été observé de différence sur la durée d’hospitalisation ni sur la morbi-mortalité associée à la maladie COVID-19, entre le groupe ayant poursuivi et le groupe ayant arrêté les traitements par IEC/ARA2
Néanmoins, ces résultats ne peuvent pas s’appliquer aux patients atteints de formes sévères de COVID-19 puisqu’ils n’ont pas été inclus dans cette étude.

Une étude randomisée multicentrique [3], a étudié l’impact clinique de l’arrêt ou de la poursuite des traitements du système rénine-angiotensine chez les patients hospitalisés pour une infection à la COVID-19. Le critère principal était un score combiné incluant le temps de survenue du décès, la durée de ventilation mécanique, la durée d’une épuration extra-rénale ou d’un support hémodynamique par amines vasopréssives. L’étude à inclus 152 participants. Il n’a pas été montré de différence statistiquement significative entre les 2 groupes (arrêt ou poursuite du traitement). La conclusion des auteurs est que les traitements du système rénine-angiotensine peuvent être poursuivis chez les patients hospitalisés pour une infection à la COVID-19.

Une étude randomisée multicentrique [4] en ouvert, avec évaluation du critère en aveugle a comparé l’impact de l’arrêt ou de la poursuite des traitements inhibiteurs du système rénine-angiotensine. Le critère principal était le nombre de jour vivant passés en dehors de l’hôpital 30 jours après la randomisation. Il est à noter que les patients ayant une insuffisance cardiaque, une hypertension sévère, une instabilité hémodynamique ou sous assistance respiratoire étaient exclus. Au total, 629 patients ont été analysés. Il n’y avait pas de différence sur le critère principal entre les patients (21.9 jours chez les patients ayant arrêté leur traitement contre 22,9 jours chez les patients ayant poursuivi le traitement). Il n’y avait pas de différence également en termes de mortalité, durée d’hospitalisation, nombre de jours d’assistance respiratoire. Cette étude était donc en faveur de la poursuite du traitement par inhibiteurs du système rénine-angiotensine chez les patients ayant la Covid-19.

Une méta-analyse d’études observationnelles [5] s’est intéressée à l’incidence des infections à la Covid-19 chez les patients sous thérapie inhibitrice du système rénine-angiotensine. Le critère principal était la positivité à la COVID-19 entre des patients sous thérapie inhibitrice du système rénine-angiotensine et les patients n’ayant pas ce traitement. Au total 22 124 patients dans 7 études ont été inclus (14 921 sous thérapies inhibitrices et 149 163 sans thérapies inhibitrices). Il n’y avait pas une influence du traitement inhibiteur en terme de risque d’infection à la COVID-19 (OR ajusté aux critères de confusion : 0.95- 95 % CI, [0.86–1.05];I2 statistics=34.7%). Il n’y avait pas d’effet de l’âge ou d’autres comorbidités. De même, il n’y avait pas de différence en termes de mortalité ou de sévérité de l’infection à la COVID-19 : respectivement pour les patients sous inhibiteurs de l’enzyme de conversion et des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine 2 (OR ajusté, 1.00 [95 % CI, 0.80–1.26] ; OR ajusté, 0.99 [95 % CI, 0.83–1.18).

A ce jour, il n’est toujours pas recommandé d’arrêter les traitements par IEC/ARA2 chez les patients hospitalisés pour une forme légère à modérée de la maladie COVID-19

Références

  1. Duvignaud et al. Home Treatment of Older People with Symptomatic SARS-CoV-2 Infection (COVID-19). BioMed Central Octobre 2020. https://doi.org/10.1186/s13063-020-04619-1.
  2. J.L. Goerges et al. Association entre l’hypertension artérielle, les traitements inhibiteurs du système rénine angiotensine et les formes graves de COVID-19. Annales de Cardiologie et d'Angéiologie Novembre 2020. https://doi.org/10.1016/j.ancard.2020.09.030.
  3. Cohen et al. Continuation versus discontinuation of renin–angiotensin system inhibitors in patients admitted to hospital with COVID-19. Lancet Respir Med Janvier 2021. https://doi.org/10.1016/S2213-2600(20)30558-0.
  4. Lopes et al. Effect of Discontinuing vs Continuing Angiotensin-Converting enzyme Inhibitors and Angiotensin II Receptor Blockers on Days Alive and Out of the Hospital in Patients Admitted With COVID-19. JAMA Janvier 2021. https://doi.org/10.1001/jama.2020.25864.
  5. Chieh-Kai et al. Renin-Angiotensin-Aldosterone System Inhibitors and Risks of Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 Infection. Hypertension. Août 2020. https://doi.org/10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15989.

#011 Je prends de l’aspirine* dans les suites d’un problème de circulation de sang (infarctus, attaque cérébrale, artérite des membres inférieures, stent, ...), dois-je arrêter ?

Aspirine : Kardegic, Aspirine du Rhône, Duoplavin,...

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.
Non, il faut poursuivre l’aspirine pour éviter le risque d’évènements cardiovasculaires (infarctus, AVC, artérite des membres inférieurs, stent …), ce risque semblant augmenter en période d’épidémie virale. La dose d’aspirine utilisée pour éviter un évènement cardiovasculaire est très inférieure aux doses utilisées pour l’effet anti-inflammatoire.

De plus, une étude récente (1) réalisé dans un registre 10477 patients israéliens a montré que le risque d’infection à la covid19 (test RT-PCR positif) était plus faible chez les patients traités par Aspirine en prévention cardiovasculaire primaire en comparaison à des patients non traités par Aspirine (OR 0.71 (95% CI, 0.52 to 0.99 ; p=0.041).

 

(1) Merzon, Eugene et al. “The use of aspirin for primary prevention of cardiovascular disease is associated with a lower likelihood of COVID-19 infection.” The FEBS journal, 10.1111/febs.15784. 23 Feb. 2021, https://doi.org/10.1111/febs.15784  

#017 Je suis asthmatique. Puis-je augmenter mon traitement de fond pour me protéger d'une infection de la COVID-19 ?

La réponse à cette question fait l'objet d'une recommandation.

attentionNon, les recommandations européennes indiquent qu'il ne faut pas modifier votre traitement pendant la pandémie en l'absence de symptômes. Continuez votre traitement de fond à la même dose qu'habituellement.

Pour plus d'informations sur :

  • Les traitements de fond de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #004 et #038.
  • Les traitements de crise de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #056 et #083.
  • Les traitements de l'asthme allergique saisonnier, vous pouvez consulter la question #005.
  • Le risque de contagion des inhalateurs, vous pouvez consulter la question #015.

Traitements de fond de l'asthme par voie inhalée :

Molécules seules :

  • Formotérol (ASMELOR®, FORADIL®, FORMOAIR®)
  • Salmétérol (SEREVENT®, SEREVET DISKUS®)
  • Béclométhasone (BECLOJET®, BECLOSPRAY®, BECOTIDE®, BEMEDREX EASYHALER®, ECOBEC®, MIFLASONE®, QVAR AUTOHALER®, QVARSPRAY®)
  • Budésonide (ACORSPRAY®, MIFLONIL®, NOVOPULMON®, PULMICORT®)
  • Ciclésonide (ALVESO®)
  • Fluticasone (FLIXOTIDE®, FLIXOTIDE DISKUS®)
  • Mométasone (ASMANEX TWISTHALER®)
  • Tiotropium (SPIRIVA RESPIMAT®)

Molécules en association

  • Fluticasone + Vilantérol (RELVAR ELLIPTA®, REVINTY ELLIPTA®)
  • Formotérol + Béclométhasone (FORMODUAL®, FORMODUAL NEXTHALER®, INNOVAIR®, INNOVAIRE NEXTHALER®)
  • Formotérol + Budésonide (DUORESP SPIROMAX®, GIBITER EASYHALER®, SYMBICORT TURBUHALER®)
  • Formotérol + Fluticasone (FLUTIFORM®)
  • Salmétérol + Fluticasone (SERETIDE®, SERETIDE DISKUS®)

Traitements de fond de l'asthme par voie orale, à avaler :

  • Bambutérol (OXEOL®)
  • Terbutaline (BRICANYL®)
  • Montélukast (SINGULAIR®)
  • Théophylline (DILATRANE®, TEDRALAN®, THEOSTAT®)

Traitements de fond de l'asthme par voie injectable :

  • Omalizumab (XOLAIR®)
  • Mépolizumab (NUCALA®)
  • Benralizumab (FASENRA®)
  • Reslizumab (CINQAERO®)
  • Dupilumab (DUPIXENT®)


Références :
https://www.europeanlung.org/en/news-and-events/news/covid-19-%E2%80%93-your-questions-answered-by-a-respiratory-expert

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#018 Chloroquine, hydroxychloroquine, Nivaquine, Plaquenil ... C'est quoi ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

La chloroquine est une molécule ancienne, utilisée comme antipaludique. En France, elle est commercialisée sous le nom de Nivaquine®. Il existe un dérivé de la chloroquine, l’hydroxychloroquine (dont le nom commercial est Plaquenil®), utilisé de longue date dans certaines maladies auto-immunes telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Ces deux médicaments sont dits « à marge thérapeutique étroite », ce qui signifie que la dose efficace et la dose toxique sont relativement proches. Il est donc essentiel de bien respecter les modalités d’utilisation de ces médicaments pour éviter l’apparition d’effets indésirables graves, notamment cardiovasculaires. En aucun cas il ne faut prendre ces médicaments sans prescription médicale.

Pour en savoir plus sur :
  • L'hydroxychloroquine dans le traitement de la COVID-19 : se reporter à la question #019.
  • Les risques, le suivi nécessaire, et les interactions médicamenteuses liées à l'utilisation de l'hydroxychloroquine : se reporter à la question #129.
  • Les essais cliniques en cours sur les traitements de la COVID-19 : se reporter à la question #020.
  • Tous les médicaments antipaludiques: se reporter à la question #100.
Références

En vidéo :
:

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#019 La chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont-elles efficaces pour prévenir ou traiter l’infection par COVID-19 ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

doigt L’essentiel de la question (mise à jour le 25 octobre 2021) :

  • A l’heure actuelle, les données disponibles concluent que l’hydroxychloroquine n’est pas associée à une réduction de la mortalité à 28 jours, de l’aggravation de la maladie, ni à une amélioration des symptômes. En revanche, elle pourrait augmenter la durée d’hospitalisation, le risque de recours à la ventilation mécanique invasive, ainsi que le risque de survenue d’effets indésirables liés au traitement
  • Les données disponibles suggèrent également que la chloroquine ou l’hydroxychloroquine utilisées en association avec l’azithromycine ne sont pas cliniquement efficaces pour traiter le COVID-19, ni pour prévenir l’infection chez les sujets à risque.
  • Concernant l’hydroxychloroquine en utilisation seule, plus de 300 études ont vu le jour, mais seulement 35 essais étaient randomisés et contrôlés. Parmi eux, 9 seulement portent sur un effectif de plus de 100 patients. Plusieurs méta-analyses actualisent régulièrement leurs résultats avec les données les plus récentes (par exemple le projet Covid-NMA, porté par l’AP-HP et la collaboration Cochrane: www.covid-nma.com/ ; ou le projet meta-evidence.org, porté par l’Université et le CHU de Lyon ).
  • En l’absence de bénéfice démontré à ce jour, il ne faut pas exposer inutilement les patients à un sur-risque d'évènements indésirables, notamment cardiaques, décrits avec ces médicaments chez les patients atteints de COVID-19.
  • En ce sens, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a d'abord recommandé de ne pas utiliser l'hydroxychloroquine, seule, ou en association à un macrolide, pour le traitement de la COVID-19 chez les patients pris en charge à domicile ou à l’hôpital, quel que soit le niveau de gravité.
  • Puis,  l'OMS et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et du produit de santé (ANSM) ont décidé fin mai 2020 de suspendre les nouvelles inclusions de patients dans les études cliniques françaises évaluant l’hydroxychloroquine dans la prise en charge de la COVID-19.
  • Enfin, depuis le 21 octobre 2020, l’ANSM a rendu un avis défavorable à la mise en place d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) pour l’hydroxychloroquine seule ou en association pour le traitement ou la prévention de la maladie COVID-19

doigt Résultats des principales études disponibles à ce jour :

1. Etudes in vitroou chez l'animal

La chloroquine, un antipaludique, et son dérivé l’hydroxychloroquine (se reporter à la question #018) utilisé dans certaines maladies auto-immunes, ont montré une activité sur des cellules infectées par le coronavirus SARS-CoV-2 in vitro (donc en laboratoire) (Wang et al., 2020, Cell Research ;Yao et al., 2020, Clinical Infectious Diseases ; Al-Kofani et al., 2020, CPT). Si ces données ont ouvert des perspectives encourageantes, elles ne prouvent pas que la chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont efficaces pour la prise en charge des patients infectés. . Ces études ont eu lieu sur des cellules Véro, c’est-à-dire des cellules rénales de singe (cf.  question #169 J’ai vu qu’un médicament avait une activité contre le SARS CoV2 in vitro sur des cellules Vero et pourrait être actif contra la COVID. Qu’en penser ?)

  • Début juillet, une étude publiée dans Nature (Hoffman et al, 2020)  s’intéresse à l’effet de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine sur les cellules humaines pulmonaires. Pour ce faire, elle compare l’inhibition par la chloroquine et l’hydroxychloroquine de l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules rénales d’une part, et dans les cellules pulmonaires d’autre part. Pour entrer dans les cellules pulmonaires, le SARS-CoV-2 est dépendant du gène TMPRSS2, gène exprimant une enzyme, la protéase transmembranaire 2. In vitro, la chloroquine et l’hydroxychloroquine ont effectivement inhibé l’entrée du virus dans les cellules rénales Véro ne possédant pas le gène TMPRSS2. En revanche, aucune inhibition n’a été observée chez les cellules pulmonaires, possédant le gène TMPRSS2. La chloroquine et l’hydroxychloroquine ne bloquent pas efficacement l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules humaines.
  • Fin juillet, une étude publiée dans Nature (Malsonnasse et al. 2020)  fait part de ses résultats sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine chez le macaque au préalable infecté par le SARS-CoV-2. Aucune activité antivirale ni aucune efficacité clinique du traitement par hydroxychloroquine n’a été démontré et ce quel que soit le moment d’introduction du traitement dans le stade de la maladie, et malgré des concentrations plasmatiques élevée d’hydroxychloroquine. Ces résultats sont cohérents avec les résultats obtenus chez l’homme.
2. Principales études cliniques sur l’hydroxychloroquine utilisée seule .

Note: pour une analyse complète, se référer aux sites de métanalyse dynamique déjà mentionnées:   projet Covid-NMA et meta-evidence.org, qui permettent le recueil de l’ensemble des études cliniques portant sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la covid-19, avec des mises à jour régulières

  • Mi-mars 2020 (Million et al., 2020, Travel Med Infect Dis. ; Gautret et al., 2020, Int J Antimicrob Agents.) : les premières données françaises portant sur peu de patients et sans comparateur (c’est-à-dire un groupe de patients suivis de la même manière mais qui n’auraient pas reçu le traitement), ne permettent pas de conclure quant à un potentiel bénéfice
  • Le 14 mai 2020 (Mahevas et al., 2020, BMJ): une autre étude française a recueilli les données de 84 patients traités par hydroxychloroquine dans 4 hôpitaux (le traitement a été reçu dans les 48 heures suivant l’hospitalisation), et les a comparées aux données de 89 patients non traités par hydroxychloroquine, sans tirer au sort qui recevrait ou non le traitement (ce qui est une faiblesse méthodologique). Cette étude ne montre pas de différence entre les groupes quant au risque de passage en soins intensifs ou de décès. Environ 10% des patients traités par hydroxychloroquine ont dû interrompre le traitement à cause d’effets indésirables cardiaques.
  • Le 14 mai 2020 (Geleris et al., 2020, NEJM): sur le même principe (comparaison sans tirage au sort), une étude américaine menée chez des patients hospitalisés n'a pas montré de bénéfice clinique, mais a décrit une augmentation de la mortalité chez les patients traités par hydroxychloroquine par rapport à ceux n'ayant pas reçu d'hydroxychloroquine.
  • Le 14 mai 2020 (Tang et al. 2020, BMJ): une étude chinoise intégrant un groupe contrôle (comparateur), avec tirage au sort pour déterminer qui reçoit l’hydroxychloroquine et qui ne la reçoit pas, a inclus 75 patients hospitalisés pour une infection COVID-19 dans chaque groupe. Les résultats ne montrent pas de différence significative entre les groupes concernant la proportion de patients porteurs du virus à 28 jours (résultat principal) ou la disparition des symptômes (résultat secondaire). 
    Chez les patients ayant reçu de l’hydroxychloroquine, 30% ont présenté des effets indésirables. L’évènement le plus rapporté est la diarrhée (10% des patients). Chez deux patients, le traitement par hydroxychloroquine a été interrompu après la survenu d’un effet indésirable (l’un pour trouble de la vision, l’autre pour pharyngalgie nécessitant une ré-hospitalisation)
  • Le 26 mai (Mitjà et al. 2020, Clin Infect dis) : Il s’agit d’un essai randomisé, contrôlé, multicentrique, en ouvert, intégrant 293 patients répartit en deux bras : 157 patients reçoivent des soins standards et 136 reçoivent soins standards en association avec de l’hydroxychloroquine. Les doses reçus sont détaillés dans le tableau récapitulatif des essais, en fin de page. Aucune différence significative n’a été constaté dans la réduction de la charge virale. L’administration d’HCQ n’a pas entraîné ni de réduction de la durée d’hospitalisation ni de raccourcissement du délai de résolution complète des symptômes. Chez les patients atteins de COVID-19, aucun bénéfice de l’HCQ n’a été observé.
    En revanche, 72% des patients recevant de l’hydroxychloroquine ont présenté au moins un effet indésirable (EI) (contre 8.7% des patients du groupe soins standards). Les EI les plus fréquents étaient des troubles gastro-intestinaux (diarrhées, nausées, douleurs abdominales), suivis par des troubles du système nerveux (somnolence, maux de tête, goût métallique)
  • Une étude publié le 16 juillet (Skipper et al.  Annals of Internal Medicine 2020) s’intéresse à l’impact de l’hydroxychloroquine sur l’évolution des symptômes de patients ayant été testé positifs au COVID-19, par PCR mais ne requérant pas d’hospitalisation ). il Il s’agit d’une étude en double aveugle, contrôlée vs placebo. Parmi les 491 patients inclus dans l'étude et symptomatiques, 81 % ont été testés positifs pour COVID-19 par PCR. 244 ont reçu de l'hydroxychloroquine et 247 un placebo. L'évolution de la gravité des symptômes sur 14 jours n'a pas été différente entre les groupes hydroxychloroquine et placebo (différence de gravité des symptômes : relative, 12 % ; absolue, -0,27 point [95 % IC, -0,61 à 0,07 point] ; P = 0,117). Au bout de 14 jours, 24 % (49 sur 201) des participants recevant de l'hydroxychloroquine présentaient des symptômes permanents, contre 30 % (59 sur 194) pour le placebo (P = 0,21). Des effets indésirables des médicaments sont apparus chez 43 % (92 sur 212) des participants recevant l'hydroxychloroquine contre 22 % (46 sur 211) recevant le placebo (P < 0,001). Cette étude conclue en l’absence de réduction des symptômes du COVID-19 chez les patients traités par hydroxychloroquine comparativement à ceux recevant le placebo.
  • Le 23 Juillet 2020 (Cavalcanti. 2020 NEJM) : cet essai contrôlé, multicentrique, randomisé, en ouvert, compare chez 667 patients : soins courants, hydroxychloroquine seule, et association hydroxychloroquine-azithromycine. L’utilisation de l’hydroxychloroquine seule ou en association avec l’azithromycine n’a pas amélioré l’état clinique des patients par rapport aux soins courants avec plus d’effet indésirables chez les patients recevant de l’hydroxychloroquine associée ou non à l’azithromycine. 
    En revanche, plus d’effets indésirables ont été observés chez les patients recevant de l’hydroxychloroquine + azithromycine (39.3%), ou de l’hydroxychloroquine seule (33.7%), par rapport à ceux ayant reçu de l’azithromycine seule (22.6%), L’allongement de l’intervalle Qtc était l’évènement indésirable le plus fréquent chez les patients recevant l’association hydroxychloroquine + azithromycine. L’élévation des enzymes hépatiques était plus fréquente chez les patients recevant l’association hydroxychloroquine + azithromycine.
  • Le 8 Octobre, l’essai Recovery publie ses résultats définitifs (The RECOVERY Collaborative Group; Effect of Hydroxychloroquine in Hospitalized Patients with Covid-19, NEJM). Cette étude conclue quel’hydroxychloroquine n’est pas associée à une réduction de la mortalité à 28 jours. En revanche, elle est associée à une augmentation de la durée d’hospitalisation et à un risque accru d’évolution vers une ventilation mécanique invasive ou le décès. Recovery est un essai randomisé, contrôlé, en ouvert, comparant différents traitements aux soins habituels chez les patients COVID-19. Un total de 1561 patients a été recruté dans le bras hydroxychloroquine et comparée à 3155 patients dans le groupe contrôle (prise en charge standard). 
    Au total, 418 (26,8 %) patients ayant reçu de l'hydroxychloroquine et 788 (25,0 %) patients ayant reçu les soins habituels sont décédés dans les 28 jours (rapport de taux de 1,09 ; intervalle de confiance [IC] de 95 % de 0,96 à 1,23 ; P=0,18). Des résultats cohérents ont été observés dans tous les sous-groupes de patients prédéfinis. Les patients sous hydroxychloroquine avaient moins de chances de sortir vivants de l'hôpital dans les 28 jours (59,6 % contre 62,9 % ; rapport de taux 0,90 ; IC à 95 % 0,83-0,98), et ceux qui n'étaient pas sous ventilation mécanique invasive à l’inclusion avaient plus de risques d’être lis sous ventilation mécanique invasive ou de décéder au cours de l’hospitalisation (30,7 % contre 26,9 % ; rapport de risque 1,14 ; IC à 95 % 1,03-1,27). Il n'y a pas eu d'excès de nouvelles arythmies cardiaques majeures.
  • Le 15 octobre, l’essai Solidarity conduit par l'OMS publie ses résultats en pré-print. Cette étude conclue que l’hydroxychloroquine n’est pas associé à une réduction de la mortalité.  Au total, 954 patients ont reçu de l’hydroxychloroquine. Les ratios de taux de moralité entre les patients ayant reçu de l’hydroxychlorquine et les patients ayant reçu les soins standards sont les suivants : RR=1,19 (0,89-1,59, p=0. 23 ; 104/947 (bras hydroxychloroquine) contre 84/906 (bras contrôle). Le recours à l’hydroxychloroquine n’a pas réduit le début de la ventilation, ni la durée d’hospitalisation.
  • Le 9 novembre, les résultats de l’étude ORCHID ont été publiés dans le JAMA (Self et al., JAMA 2020) : étude multicentrique dans 34 hôpitaux aux Etats-Unis, en aveugle, contre placebo, dans une population de patients testés positifs au SARS-CoV2 par PCR et nécessitant une hospitalisation. Le but était d’évaluer le statut clinique à 14 jours après randomisation selon une échelle allant de 1 (décès) à 7 (sortie d’hospitalisation et capable de mener des activités de la vie quotidienne normalement). Parmi 479 patients, le statut clinique à 14 jours n’était pas différent chez les patients traités par hydroxychloroquine de ceux recevant le placebo. Il n’existe pas non plus de différence significative sur la mortalité à 28 jours dans les deux groupes (10,4% dans le groupe traité par hydroxychloroquine et 10.6% dans le groupe contrôle). Concernant les effets indésirables, à 5 jours après la randomisation, 50 effets indésirables dont 30 graves sont apparus dont 18 parmi 14 patients dans le groupe traité par hydroxychloroquine et 12 parmi 11 patients du groupe contrôle. Cependant les effets indésirables graves ont été classés par les auteurs comme « probablement sans lien avec l’étude » ou «non liée à l’étude ».
  • Le 02 décembre 2020 Chen et al. (Plos One 2020)  publient les résultats d'une étude multicentrique dans 11 centres à Taiwan, chez des patients présentant une forme d’infection à la covid-19 de faible à modérée et traités par hydroxychloroquine à la posologie 400mg x 2/jour à J1 puis 200mg x1/jour de J2 à J7. D’une part étude prospective sur 33 patients traités par hydroxychloroquine versus 12 patients traités selon les « soins standards » et d’autre part étude rétrospective selon les mêmes modalités chez 28 patients traités par hydroxychloroquine et 9 patients selon les « soins standards ». Le critère de jugement principal était le temps de négativation de la PCR jusqu’à une limite de 14 jours, les auteurs n’ont pas retrouvé de différence significative entre les 2 groupes : 5 jours pour l’hydroxychloroquine versus 10 pour le groupe contrôle avec un p=0.40. A J14, on ne retrouve pas non plus de différence significative entre les 2 groupes sur le taux de négativation de la PCR : 81% dans le groupe traité versus 75% dans le groupe contrôle (p=0.70). Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté pendant l’étude.
  • Une étude publiée le 26 janvier 2021 (Perez et al. Annals of Internal Medicine) s’est intéressée aux rapports de pharmacovigilance portant sur les effets indésirables suspectés liés à l’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine de la base de données de la FDA (FAERS). Parmi 152201 rapports sur la période du 1er janvier 2018 au 30 septembre 2020, 21305 rapports concernant l’hydroxycloroquine et la chloroquine ont été analysés. Cette étude montre un doublement de la signalisation d’effets indésirables en 2020 (11493 versus 5131 en 2019 versus 4681 en 2018), les pays les plus concernés en 2020 étaient parmi les pays les plus touchés par la covid-19 (Canada, Etats-Unis, France, Espagne et Italie). Les effets indésirables rapportés étaient également plus sérieux (entrainant un décès, susceptible de mettre la vie en danger, d’entrainer ou de prolonger une hospitalisation ou une incapacité importante ou durable) et ont plus fréquemment entrainés un décès (5.1% en 2020 versus 3.1% en 2018 et 1.9% en 2019), avec une augmentation notamment des cas secondaires à des complications cardiaques.

3. Principales études sur l’hydroxychloroquine utilisée en association avec l’azithromycine (voir question #036) :

  • Le 11 mai 2020 (Rosenberg et al. 2020, JAMA) : cette étude américaine a comparé les données de patients hospitalisés ayant reçu de l’hydroxychloroquine, de l’azithromycine, ou l’association des deux, aux données de patients n’ayant pas reçu ces traitements. Les patients n’ont pas été tirés au sort pour savoir s’ils allaient recevoir ou non le traitement, et lequel (faiblesse méthodologique). Dans cette étude, la mortalité n’a pas été significativement différentes entre ces quatre groupes de patients.
  • Le 22 mai 2020 (Mehra et al., 2020, Lancet) : une étude observationnelle a tenté de réévaluer le rapport bénéfice/risque de l’utilisation de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, utilisées seules, ou en association à un macrolide.  attention Du fait de l'expression of concern du Lancet (3 juin)  et de  la rétraction de 3 auteurs (4 Juin 2020), cette étude n’apporte pas de données exploitables.
  • Le 23 Juillet 2020 (Cavalcanti. 2020 NEJM) : cet essai contrôlé, multicentrique, randomisé, en ouvert, compare chez 667 patients : soins courants, hydroxychloroquine, et association hydroxychloroquine-azithromycine. L’utilisation de l’hydroxychloroquine seule ou en association avec l’azithromycine n’a pas amélioré l’état clinique des patients par rapport aux soins courants avec plus d’effet indésirables chez les patients recevant de l’hydroxychloroquine associée ou non à l’azithromycine
  • Une étude publiée en septembre (Furtado et al. 2020, The Lancet) évalue l’efficacité et la sécurité de l’azithromycine dans le traitement des formes graves de patient atteint de la COVID-19. C’est un essai randomisé, ouvert, qui compare un groupe recevant les soins standards (dont faisait partie l’HCQ à l’époque), et un groupe recevant l’association soins standard + AZT. Le critère de jugement principal était l’évolution de l’état clinique 15 jours après randomisation. Chez les patients atteints de COVID-19 grave, l’ajout de l’azithromycine au traitement standard (comprenant l’hydroxychloroquine), n’a pas amélioré les résultats cliniques. Les taux de survenue d’évènement indésirable n’étaient pas significativement différents entre les deux groupes.
4. Hydroxychloroquine utilisée en prévention du COVID-19 :
  • Le 04 juin 2020 (Boulware et al, 2020, NEJM) : Il s’agit d’une étude nord-américaine randomisée, en double-aveugle, contre placebo, qui a pour objectif d’évaluer le rôle de l’hydroxychloroquine dans la prévention de la COVID-19, chez les patients à risque. 821 sujets sains asymptomatiques ayant été en contact avec une personne contaminée ont été répartis en deux groupes, l’un recevant de l’hydroxychloroquine et l’autre un placebo, administrés dans les 4 jours après l’exposition et avant que les symptômes ne se développent. A la fin de l’étude, il n’y avait pas de différence significative entre les proportions de patients développant la COVID-19 de chacun des deux groupes. En revanche, les patients traités par hydroxychloroquine ont rapporté plus d’effets indésirables (non graves) que le groupe placebo.
  • Le 30 septembre 2020 (Abella et al, 2020, JAMA Intern Med) : Il s’agit d’une étude randomisée, en double aveugle, contre placebo, ayant pour objectif d’évaluer l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans la prévention de la transmission du SARS-CoV-2 chez les professionnel de santé travaillant en milieu hospitalier et exposés à des patients atteints de la COVID-19. L’essai a inclus 132 professionnels de santé dont 125 étaient initialement asymptomatiques et avaient des résultats de PCR au SARS-CoV-2 négatifs après écouvillonnage nasopharyngé. Les participants répartis en deux groupes, recevaient soit 600 mg d’hydroxychloroquine par jour, soit un placebo (bras contrôle). Il n’y a pas eu de différence significative des taux d’infections entre les participants ayant reçu de l’hydroxychloroquine et ceux ayant reçu le placebo. L’hydroxychloroquine n’a pas montré de preuve d’efficacité dans la prévention de la transmission du SARS-CoV-2. En revanche, les participants recevant de l’hydroxychloroquine ont présenté plus d’effets indésirables (principalement à type de diarrhées).Le 17 octobre 2020 (Rajasingham and al, 2020, Clinical Infectious Diseases, en attente de publication) : il s’agit d’une étude randomisée, en double aveugle, contre placebo, ayant pour objectif d’évaluer l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans la prévention de l’infection au SARS-CoV2 parmi des professionnels de santé travaillant en service de réanimation ou d’urgence et exposés à des patients COVID positifs. L’essai a inclus 1483 professionnels de santé en excluant les sujets ayant ou ayant déjà été atteints de la covid19. Les participants étaient répartis en trois groupes, recevaient soit 400mg d’hydroxychloroquine une fois par semaine, soit 400mg d’hydroxychloroquine deux fois par semaine, soit un placebo (bras contrôle). Il n’a pas été retrouvé de différence significative dans la prévention de la transmission du SARS-CoV2 parmis les trois groupes.
  • Le 17 octobre 2020 (Rajasingham and al, 2020, Clinical Infectious Diseases) : il s’agit d’une étude randomisée, en double aveugle, contre placebo, ayant pour objectif d’évaluer l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans la prévention de l’infection au SARS-CoV2 parmi des professionnels de santé travaillant en service de réanimation ou d’urgence et exposés à des patients COVID positifs. L’essai a inclus 1483 professionnels de santé en excluant les sujets ayant ou ayant déjà été atteints de la covid19. Les participants étaient répartis en trois groupes, recevaient soit 400mg d’hydroxychloroquine une fois par semaine, soit 400mg d’hydroxychloroquine deux fois par semaine, soit un placebo (bras contrôle). Il n’a pas été retrouvé de différence significative dans la prévention de la transmission du SARS-CoV2 parmis les trois groupes. Des effets indésirables non graves ont été rapportés chez 21% des patients dans le groupe contrôle, 31% dans le groupe traité une fois par semaine et 36% dans le groupe traité deux fois par semaine.
  • Le 5 novembre 2020 (Rentsch and al, 2020, Lancet Rheumatal) : il s’agit d’une étude observationnelle réalisée en Angleterre sur une cohorte de 194637 patients suivis pour un lupus systémique ou une polyarthrite rhumatoïde et traités ou non par hydroxychloroquine au long cours (depuis 6 mois au moins) dont le but était d’évaluer l’effet de l’hydrochloroquine sur la prévention de la mortalité liée à la covid-19. Cette étude n’a pas retrouvé d’effet positif ou négatif de la préexposition à l’hydroxychloroquine sur la mortalité liée au SARS CoV2 (0.23% de mortalité chez les patients sous hydroxychloroquine et 0.22% chez les patients non traités par hydroxychloroquine).
5. Méta-analyses de l’effet de l’hydroxychloroquine sur la mortalité des patients atteints de la COVID-19

Une méta-analyse est l’agrégation des données de plusieurs études scientifiques, qui a pour objectif d’apporter des résultats plus précis que ceux de ces études prises individuellement. Plusieurs méta-analyses actualisent régulièrement leurs résultats avec les données les plus récentes (par exemple le projet Covid-NMA, porté par l’AP-HP et la collaboration Cochrane : https://www.covid-nma.com/ ; ou le projet meta-evidence.org, porté par l’Université et le CHU de Lyon : http://www.metaevidence.org/COVID19.aspx). Les résultats concluent à une absence d’efficacité de l’hydroxychloroquine en plus de la prise en charge habituelle. En revanche, elles montrent une augmentation de la survenue d’effets indésirables.

attentionQuels sont les risques liés à l’usage d’hydroxychloroquine en dehors des essais cliniques ?

Il est également important de rappeler que l’emploi de ces médicaments, surtout en association avec l'azithromycine, fait courir des risques d’effets indésirables graves, en particulier cardiaques. Plusieurs cas viennent d’être rapportés aux Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV). Voir les informations publiées par le réseau français des CRPV.

 Pour en savoir plus sur :
  • Les bases méthodologiques des essais cliniques : consultez la question #136
  • Les autres essais cliniques en cours sur les traitements du COVID-19 : consultez la question #020.
Références :

#023 Je prends un traitement immunosuppresseur ou une biothérapie pour une maladie auto-immune ou auto-inflammatoire. Dois-je l'arrêter ?

La réponse à cette question fait l’objet de recommandations des sociétés savantes.
De façon générale : Il vous faut poursuivre le traitement de votre pathologie. Si vous êtes sous corticoïdes, immunosuppresseurs ou biothérapies, vous êtes plus fragiles. Restez autant que possible à votre domicile, demandez à votre entourage de faire vos courses et limitez les contacts en respectant les gestes barrières. Aucun arrêt systématique des traitements immunosuppresseurs et biothérapies n'est recommandé. Toute suspension de votre traitement habituel vous exposerait à une poussée de votre maladie auto-immune et/ou inflammatoire (par exemple rhumatismale) et ainsi à un épisode de fragilité.
Si vous présentez des symptômes évocateurs de COVID-19 : Contactez votre médecin, il vous donnera la conduite à tenir concernant vos traitements et votre prise en charge. Ne vous rendez pas directement chez votre médecin ou à l’hôpital, et ne contactez le 15 qu’en cas de signes graves. 

#031 Est-ce que j’ai un risque à prendre un anti-histaminique, par exemple la cetirizine, pour mon allergie saisonnière dans le contexte de la COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’experts.

Non, il n'y a pas de risque à prendre de la cétirizine, ou un autre antihistaminique, en cette période. La cetirizine est un antihistaminique c’est-à-dire qu’elle bloque les récepteurs à l’histamine dont la stimulation est à l’origine des symptômes de l’allergie. En bloquant ces récepteurs, la cetirizine et les autres antihistaminiques ne diminuent pas les défenses contre les virus et les bactéries. Il n’y a donc, a priori, pas de risque à prendre d'antihistaminiques dans cette période. De plus, si les signes de rhinorrhée sont importants, il peut être utile de prendre des antihistaminiques plutôt qu'un autre traitement pour faire la différence avec des signes respiratoires d'infection potentielle.

Références :
https://pharmacomedicale.org/medicaments/par-specialites/item/anti-histaminiques-h1-sauf-comme-anxiolytiques-ou-comme-hypnotiques

Liste des antihistaminiques ayant une indication dans l'allergie :

Bilastine (BILASKA®, INORIAL®) Bromphéniramine (DIMEGAN®) Cetirizine (ACTIFED ALLERGIE CETIRIZINE®, ALAIRGIX ALLERGIE CETIRIZINE®, DRILL ALLERGIE CETIRIZINE®, HUMEX ALLERGIE CETIRIZINE®, VIRLIX®, ZYRTEC®, ZYRTECSET®) Cyproheptadine (PERIACTINE®) Desloratadine (AERIUS®, DASSELTA®) Dexchlorphéniramine (POLARAMINE®) Ebastine (KESTIN®, KESTINLYO®) Fexofenadine (TELFAST®) Ketotifene (ZADITEN®) Levocetirizine (XYZALL®) Loratadine (CLARITYNE®, HUMEX ALLERGIE LORATADINE) Méquitazine (PRIMALAN®) Mizolastine (MIZOCLER®, MIZOLLEN®) Prométhazine (PHENERGAN®) Rupatadine (WYSTAMM®)

#037 J'ai posé une question récemment et je ne trouve pas la réponse dans les nouvelles fiches publiées. Pourquoi ?

Il existe plusieurs situations possibles :
- Votre question existe déjà sous une autre formulation, et est donc déjà publiée. Dans ce cas, nous vous invitons à regarder attentivement le listing des fiches questions/réponses pour vérifier que votre question n'a pas déjà été traitée sous une autre forme. Vous pouvez également rechercher votre réponse à l'aide du site covid19-medicaments.com , en entrant votre médicament, vous trouverez toutes les fiches question/réponse publiées s'y rapportant.
- Votre question est trop spécifique, ou relève d'une décision médicale, nous ne pouvons donc vous répondre individuellement ou nous substituer à la décision de votre médecin. Dans ce cas, contactez votre médecin généraliste, votre spécialiste référent, ou votre centre régional de pharmacovigilance https://www.rfcrpv.fr/contacter-votre-crpv.
- Nous n'avons pas encore pu traiter votre demande, elle sera publiée dès que possible. Le circuit de validation demande le temps de rédaction de la réponse, puis le consensus obligatoire sur la réponse de deux experts nationaux avant d'être validée et publiée.

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