#001 Je prends un corticoïde qui m’a été prescrit pour une maladie chronique. Dois-je l’arrêter ?

La réponse à cette question a fait l’objet de recommandations par plusieurs sociétés savantes.

Ces médicaments pris de façon chronique notamment pour une maladie auto-immune (rénale,...) ou inflammatoire (rhumatismale, …) ne doivent pas être arrêtés de votre propre initiative. En effet, tout arrêt injustifié du traitement pourrait entrainer une rechute de votre maladie et compliquer votre prise en charge dans le contexte actuel. Compte tenu de votre fragilité, il est indispensable d’adopter les mesures préventives recommandées (gestes barrières et confinement au domicile autant que possible).

attentionEn cas de signes évocateurs d’infection (fièvre, toux, courbatures,...), il faut contacter votre médecin traitant et/ou le médecin référent de votre maladie.   

Références

#002 Je souhaite prendre un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS)* pour la fièvre, que dois-je faire ?

La réponse à cette question est issue de recommandations.

Il est préférable de ne pas le prendre. En effet il ne faut pas prendre d’AINS en cas d’infection virale notamment avec atteinte de bronches (comme la grippe et par extension le COVID 19).  Une synthèse nationale récente de pharmacovigilance a montré que dans les situations qui exposent à un risque de surinfection bactérienne, comme certaines infections virales,  ces médicaments étaient associés à une majoration du risque de complications bactériennes graves, nécessitant une prise en charge hospitalière  voire  en réanimation, et ce quel que soit l’âge, même chez des patients jeunes en bonne santé, sans facteur de risque ni autre maladie associée. 
Si vous prenez un AINS pour une maladie chronique , ne l’arrétez pas de vous même car vous risquez d’aggraver votre maladie. Demandez conseil à votre médecin

Reference
https://www.ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Anti-inflammatoires-non-steroidiens-AINS-et-complications-infectieuses-graves-Point-d-Information.

Liste des AINS disponibles par voie orale :

  • Ibuprofène (Advil® (-Med®, -Caps®), Brufen®, Entralgis®, Hemagen Tailleur®, Ibupradol®, Intralgis®, Nureflex®, Nurofen® (-Caps®, -Fem®, -Flash®, -Tabs®), Spedifen®, Spifen®, Upfen®, Advilmed®, Antarene®, Nuprofrenpro®, Spedifen®, Spifen®, Pedea®)
  • Kétoprofène (Ketum®, Toprec®, Profemigr®, Profenid®, Biprofenid®, Toprec®, Profenid®)
  • Flurbiprofène (Antadys®, Cebutid®, Strefen®)
  • Fénoprofène (Nalgesic®)
  • Alminoprofène (Minalfene®)
  • Dexkétoprofène (Anantyum®, Ketesse®)
  • Nabumétone (Nabucox®)
  • Naproxène (Alevetabs®, Antalnox®, Apranax®, Naprosyne®)
  • Acide Tiaprofénique (Flanid®, Surgam®)
  • Acéclofénac (Cartrex®)
  • Diclofénac (Flector®, Voltarene®)
  • Etodolac (Lodine®)
  • Acide Méfénamique (Ponstyl®)
  • Morniflumate, Acide Niflumique (Nifluril®)
  • Célécoxib (Celebrex®)
  • Etoricoxib (Arcoxia®)
  • Parécoxib (Dynastat®)
  • Méloxicam (Mobic®)
  • Piroxicam (Brexin®, Cycladol®, Feldene® (-Dispersible®), Feldene®, Zofora®)
  • Ténoxicam (Tilcotil®)
  • Indométacine (Indocid®, Chrono-Indocid®)
  • Sulindac (Arthrocine®)

#003 Puis-je utiliser du gel hydroalcoolique de façon répétée pour mes enfants ?

La réponse à cette question est issue de recommandations. 

L’utilisation des solutions hydroalcooliques (SHA) est répandue. Leur sécurité d’emploi a été évaluée à la suite de l’épidémie H1N1 sans signal de toxicité sur peau saine, et ils sont considérés comme bien tolérés y compris chez l’enfant dans un rapport de l’ANSM en 2011. L’absorption d’alcool par la peau ou par inhalation des vapeurs est extrêmement faible voire indétectable même après des applications répétées. La conclusion est cependant que le lavage des mains est préconisé en première intention dès lors qu’un point d’eau potable est disponible, réalisé avec un savon (les savons liquides sont à privilégier).
Respecter un temps de lavage minimum de trente secondes, bien rincer et sécher les mains avec des essuie mains ou serviettes propres. En l’absence de point d’eau, lavage au SHA en suivant les recommandation suivantes :

  • Eviter que l’enfant porte ses mains à la bouche après application de SHA et lui laver les mains au savon dès que possible.
  • Eviter de laisser la SHA à la portée des enfants en bas âge (que ce soit pour le risque d’ingestion ou de projection dans les yeux).

Référence :
https://www.ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/3c6cccea290f8d00e649160cd5d4a9aa.pdf

#004 Je suis asthmatique sous SERETIDE (fluticasone, salmététol). Dois-je arrêter mon traitement de fond de l'asthme dans le contexte de l'épidémie au COVID-19?

Réponse :
La réponse à cette question fait l'objet de recommandations.

attentionNon, il ne faut pas arrêter vos traitements de fond de votre pathologie.

En effet, la priorité est le contrôle de l’asthme. Une infection virale peut exposer au risque d'une crise aiguë d'asthme qui peut être fatale. Ce n’est surtout pas le moment d’arrêter ou de réduire le traitement de fond pour ne pas nécessiter une hospitalisation pour cet asthme. Observez à la lettre et plus que jamais la prescription de votre traitement continu. N’oubliez pas de vous rincer soigneusement la bouche après chaque inhalation et cracher sans avaler le liquide.

Pour plus d'informations sur :

  • Les traitements de fond de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #004, #017, et #038.
  • Les traitements de crise de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #056 et #083.
  • Les traitements de l'asthme allergique saisonnier, vous pouvez consulter la question #005.
  • Le risque de contagion des inhalateurs, vous pouvez consulter la question #015.

Traitements de fond de l'asthme par voie inhalée :

Molécule seule :
  • Formotérol (ASMELOR®, FORADIL®, FORMOAIR®)
  • Salmétérol (SEREVENT®, SEREVET DISKUS®)
  • Béclométhasone (BECLOJET®, BECLOSPRAY®, BECOTIDE®, BEMEDREX EASYHALER®, ECOBEC®, MIFLASONE®, QVAR AUTOHALER®, QVARSPRAY®)
  • Budésonide (ACORSPRAY®, MIFLONIL®, NOVOPULMON®, PULMICORT®)
  • Ciclésonide (ALVESO®)
  • Fluticasone (FLIXOTIDE®, FLIXOTIDE DISKUS®)
  • Mométasone (ASMANEX TWISTHALER®)
  • Tiotropium (SPIRIVA RESPIMAT®)
Molécules en association
  • Fluticasone + Vilantérol (RELVAR ELLIPTA®, REVINTY ELLIPTA®)
  • Formotérol + Béclométhasone (FORMODUAL®, FORMODUAL NEXTHALER®, INNOVAIR®, INNOVAIR NEXTHALER®)
  • Formotérol + Budésonide (DUORESP SPIROMAX®, GIBITER EASYHALER®, SYMBICORT TURBUHALER®)
  • Formotérol + Fluticasone (FLUTIFORM®)
  • Salmétérol + Fluticasone (SERETIDE®, SERETIDE DISKUS®)
Traitements de fond de l'asthme par voie orale, à avaler :
  • Bambutérol (OXEOL®)
  • Terbutaline (BRICANYL®)
  • Montélukast (SINGULAIR®)
  • Théophylline (DILATRANE®, TEDRALAN®, THEOSTAT®)
Traitements de fond de l'asthme par voie injectable :
  • Omalizumab (XOLAIR®)
  • Mépolizumab (NUCALA®)
  • Benralizumab (FASENRA®)
  • Dupilumab (DUPIXENT®)

Voir le communiqué de presse de la Société de Pneumologie de Langue Française

#005 J’ai un asthme allergique saisonnier, et je prends habituellement à cette période des corticoïdes inhalés. Dois je initier le traitement dans le contexte de l'épidémie au COVID-19?

La réponse à cette question est issue d'une recommandation.

La réponse à cette question dépend de la sévérité de votre asthme. On ne conseille pas de démarrer le corticoïde inhalé sans avis médical. Votre médecin ou pneumologue pourront vous prescrire des corticoïdes inhalés s'ils le jugent nécessaire. Si vous avez d’autres manifestations allergiques les antihistaminiques ne sont pas contre indiqués.

Pour plus d'informations sur :

  • Les traitements de fond de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #004, #017, et #038.
  • Les traitements de crise de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #056 et #083.
  • Le risque de contagion des inhalateurs, vous pouvez consulter la question #015.

Corticoïdes inhalés en monothérapie :

  • Béclométhasone (BECLOJET®, BECLOSPRAY®, BECOTIDE®, BEMEDREX EASYHALER®, ECOBEC®, MIFLASONE®, QVAR AUTOHALER®, QVARSPRAY®)
  • Budésonide (ACORSPRAY®, MIFLONIL®, NOVOPULMON®, PULMICORT®)
  • Ciclésonide (ALVESO®)
  • Fluticasone (FLIXOTIDE®, FLIXOTIDE DISKUS®)
  • Mométasone (ASMANEX TWISTHALER®)

#006 Je prends des médicaments du système rénine angiotensine* pour mon hypertension artérielle, mon insuffisance cardiaque ou mon insuffisance rénale, dois-je les arrêter ?

* médicaments du système rénine - angiotensine : ramipril, périndopril, trandolapril, captopril, énalapril, lisinopril ; candésartan, irbésartan, valsartan, losartan, ...

La réponse à cette question fait l'objet de recommandations et d'un consensus d'experts.

Aujourd’hui, la réponse est clairement qu’il ne faut pas arrêter le traitement d’une maladie chronique comme l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque ou l’insuffisance rénale.
Les Sociétés Européennes de Cardiologie et d'Hypertension ont adopté le 12 mars 2020 une position très claire, demandant aux patients et à leurs médecins de ne pas interrompre ces traitements. (voir http://www.sfhta.eu/?p=6670)

Par extension, d'après nos experts, en l'état des connaissances du 30 mars 2020, il n'est donc pas non plus recommandé de remplacer ces traitements par d'autres médicaments, aucun traitement anti-hypertenseur n'ayant fait la preuve, à ce jour, de propriétés bénéfiques/délétères en contexte d'infection à COVID-19.

En savoir plus: Les infections à COVID 19 pourraient être en partie déclenchées par la liaison du virus à une cible présente dans l’organisme humain appelée « récepteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 » ; cette cible est très présente dans les poumons, ce qui pourrait expliquer l’atteinte respiratoire majoritaire. Le lien entre l'utilisation de traitements contre l'hypertension artérielle, l'insuffisance cardiaque ou l’insuffisance rénale et une quelconque modulation de ces récepteurs à même de favoriser les infections à COVID19 n'est aucunement établi à l'heure actuelle.

Voir la synthèse des travaux en cours, mise à jour régulièrement, publiée dans notre revue 'Therapies'  "ACE2, IEC/ARAII et infections à COVID-19"

#011 Je prends de l’aspirine* dans les suites d’un problème de circulation de sang (infarctus, attaque cérébrale, artérite des membres inférieures, stent, ...), dois-je arrêter?

Aspirine : Kardegic, Aspirine du Rhône, Duoplavin,...

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.
Non, il faut poursuivre l’aspirine pour éviter le risque d’évènements cardiovasculaires (infarctus, AVC, artérite des membres inférieurs, stent …), ce risque semblant augmenter en période d’épidémie virale. La dose d’aspirine utilisée pour éviter un évènement cardiovasculaire est très inférieure aux doses utilisées pour l’effet anti-inflammatoire.

#017 Je suis asthmatique. Puis-je augmenter mon traitement de fond pour me protéger d'une infection au COVID-19 ?

La réponse à cette question fait l'objet d'une recommandation.

attentionNon, les recommandations européennes indiquent qu'il ne faut pas modifier votre traitement pendant la pandémie en l'absence de symptômes. Continuez votre traitement de fond à la même dose qu'habituellement.

Pour plus d'informations sur :

  • Les traitements de fond de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #004, #017, et #038.
  • Les traitements de crise de l'asthme, vous pouvez consulter les questions #056 et #083.
  • Les traitements de l'asthme allergique saisonnier, vous pouvez consulter la question #005.
  • Le risque de contagion des inhalateurs, vous pouvez consulter la question #015.

Traitements de fond de l'asthme par voie inhalée :

Molécules seules :

  • Formotérol (ASMELOR®, FORADIL®, FORMOAIR®)
  • Salmétérol (SEREVENT®, SEREVET DISKUS®)
  • Béclométhasone (BECLOJET®, BECLOSPRAY®, BECOTIDE®, BEMEDREX EASYHALER®, ECOBEC®, MIFLASONE®, QVAR AUTOHALER®, QVARSPRAY®)
  • Budésonide (ACORSPRAY®, MIFLONIL®, NOVOPULMON®, PULMICORT®)
  • Ciclésonide (ALVESO®)
  • Fluticasone (FLIXOTIDE®, FLIXOTIDE DISKUS®)
  • Mométasone (ASMANEX TWISTHALER®)
  • Tiotropium (SPIRIVA RESPIMAT®)

Molécules en association

  • Fluticasone + Vilantérol (RELVAR ELLIPTA®, REVINTY ELLIPTA®)
  • Formotérol + Béclométhasone (FORMODUAL®, FORMODUAL NEXTHALER®, INNOVAIR®, INNOVAIRE NEXTHALER®)
  • Formotérol + Budésonide (DUORESP SPIROMAX®, GIBITER EASYHALER®, SYMBICORT TURBUHALER®)
  • Formotérol + Fluticasone (FLUTIFORM®)
  • Salmétérol + Fluticasone (SERETIDE®, SERETIDE DISKUS®)

Traitements de fond de l'asthme par voie orale, à avaler :

  • Bambutérol (OXEOL®)
  • Terbutaline (BRICANYL®)
  • Montélukast (SINGULAIR®)
  • Théophylline (DILATRANE®, TEDRALAN®, THEOSTAT®)
Traitements de fond de l'asthme par voie injectable :
  • Omalizumab (XOLAIR®)
  • Mépolizumab (NUCALA®)
  • Benralizumab (FASENRA®)
  • Dupilumab (DUPIXENT®)


Références :
https://www.europeanlung.org/en/news-and-events/news/covid-19-%E2%80%93-your-questions-answered-by-a-respiratory-expert

#018 Chloroquine, hydroxychloroquine, Nivaquine, Plaquenil ... C'est quoi ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

La chloroquine est une molécule ancienne, utilisée comme antipaludique. En France, elle est commercialisée sous le nom de Nivaquine®. Il existe un dérivé de la chloroquine, l’hydroxychloroquine (dont le nom commercial est Plaquenil®), utilisé de longue date dans certaines maladies auto-immunes telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Ces deux médicaments sont dits « à marge thérapeutique étroite », ce qui signifie que la dose efficace et la dose toxique sont relativement proches. Il est donc essentiel de bien respecter les modalités d’utilisation de ces médicaments pour éviter l’apparition d’effets indésirables graves, notamment cardiovasculaires. En aucun cas il ne faut prendre ces médicaments sans prescription médicale.

Pour en savoir plus sur :
  • L'hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19 : se reporter à la question #019.
  • Les risques, le suivi nécessaire, et les interactions médicamenteuses liées à l'utilisation de l'hydroxychloroquine : se reporter à la question #129.
  • Les essais cliniques en cours sur les traitements du COVID-19 : se reporter à la question #020.
  • Tous les médicaments antipaludiques: se reporter à la question #100.
Références

En vidéo :
:

#019 La chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont-elles efficaces pour prévenir ou traiter l’infection par COVID-19 ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

La chloroquine, un antipaludique, et son dérivé l’hydroxychloroquine, utilisés dans certaines maladies auto-immunes, ont montré une activité sur des cellules infectées par le coronavirus SARS-CoV-2 in vitro (donc en laboratoire). Si ces données ont ouvert des perspectives encourageantes, elles ne prouvent pas que la chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont efficaces pour la prise en charge des patients infectés. 

doigtEtat des lieux (26 mai 2020) doigt2:

  • A l’heure actuelle, les données disponibles suggèrent que la chloroquine ou l’hydroxychloroquine utilisées seules ou en association avec un macrolide (ex. azithromycine), ne sont pas cliniquement efficaces pour traiter le COVID-19, et seraient possiblement associées à un sur-risque d'évènements cardiovasculaires et de mortalité. 
  • En ce sens, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a recommandé le 25 maide ne pas utiliser l'hydroxychloroquine, seule, ou en association à un macrolide, pour le traitement du COVID-19, que ce soit chez les patients pris en charge à domicile ou à l’hôpital, et quel que soit le niveau de gravité. Il a également recommandé de réévaluer le rapport bénéfice/risque de ce médicament dans les études en cours et à venir. Enfin, le HCSP rappelle que ces recommandations sont amenées à évoluer en fonction des données futures. 
  • Ainsi, sur le principe de précaution, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et du produit de santé (ANSM) a décidé le 26 mai 2020 de suspendre les nouvelles inclusions de patients dans les études cliniques françaises évaluant l’hydroxychloroquine dans la prise en charge du COVID-19. Les patients déjà traités dans le cadre de ces essais pourront poursuivre leur traitement. L’ANSM rappelle elle aussi que cette mesure intervient dans l’attente de nouvelles données, et notamment des résultats des essais randomisés qui pourront statuer sur son efficacité et sa sécurité. https://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/COVID-19-l-ANSM-souhaite-suspendre-par-precaution-les-essais-cliniques-evaluant-l-hydroxychloroquine-dans-la-prise-en-charge-des-patients-Point-d-Information

Voici un résumé des principaux résultats disponibles à ce jour:

  • Les premières données françaises portant sur peu de patients et sans comparateur (c’est-à-dire un groupe de patients suivis de la même manière mais qui n’auraient pas reçu le traitement) ne permettent pas de conclure quant à un potentiel bénéfice .
  • Une autre étude française a recueilli les données de 84 patients traités par hydroxychloroquine dans 4 hôpitaux (le traitement a été reçu dans les 48 heures suivant l’hospitalisation), et les a comparées aux données de 89 patients non traités par hydroxychloroquine, sans tirer au sort qui a reçu ou non le traitement (ce qui est une faiblesse méthodologique). Cette étude ne montre pas de différence entre les groupes quant au risque de passage en soins intensifs ou de décès. Environ 10% des patients traités par hydroxychloroquine ont dû interrompre le traitement à cause d’effets indésirables cardiaques.
  • Sur le même principe (comparaison sans tirage au sort), une étude américaine menée chez des patients hospitalisés n’a pas montré de bénéfice clinique, mais a décrit une augmentation de la mortalité chez les patients traités par hydroxychloroquine par rapport à ceux n'ayant pas reçu d'hydroxychloroquine
  • Une étude chinoise intégrant un groupe contrôle (comparateur), avec tirage au sort pour déterminer qui reçoit l’hydroxychloroquine et qui ne la reçoit pas, a inclus 75 patients hospitalisés pour un COVID-19 dans chaque groupe. Les résultats ne montrent pas de différence significative entre les groupes concernant la proportion de patients porteurs du virus à 28 jours (résultat principal) ou la disparition des symptômes (résultat secondaire).

D’autres études évaluent l’efficacité et la toxicité de l’hydroxychloroquine associée à l’azithromycine (voir questions #020 et #036). Si l’efficacité de cette association n’est toujours pas démontrée à ce jour, une cohorte internationale a montré que le risque de décès d’origine cardiaque est augmenté lorsque ces deux médicaments sont associés.

De plus, une grande étude parue le 22 mai 2020 a tenté de réévaluer le rapport bénéfice/risque de l’utilisation de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquines, utilisées seules, ou en association à un macrolide. 96000 patients atteints de COVID-19 entre le 20/12/20 et le 14/04/20, provenant de 671 hôpitaux sur 6 continents différents ont été inclus dans cette étude. Tous les groupes traités (hydroxychloroquine seule, chloroquine seule, hydroxychloroquine + macrolide, ou chloroquine + macrolide) étaient associés à un risque accru de mortalité à l’hôpital, ainsi que d’arythmie ventriculaire (trouble du rythme cardiaque), par rapport au groupe témoin. En l’absence de tirage au sort, on ne peut exclure que ce soit les patients les plus graves qui ont été traités, donc ceux avec un pronostic moins bon

doigtEn conclusion, ces résultats suggèrent que la balance bénéfice/risque de l’utilisation de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, utilisées seules ou en association à un macrolide est défavorable, en l’attente de résultats d’études bien conduites.
 attentionIl est également important de rappeler que l’emploi de ces médicaments, surtout en association avec l'azithromycine, fait courir des risques d’effets indésirables graves, en particulier cardiaques. Plusieurs cas viennent d’être rapportés aux Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV). Voir les informations publiées par le réseau français des CRPV. Une alerte existe également actuellement concernant  des risques de troubles neuropsychiatriques , en particulier chez les patients COVID19

Enfin, aucune donnée ne permet actuellement de dire que ces traitements sont cliniquement efficaces pour prévenirl'infection par le coronavirus SARS-COV-2. Une étude menée auprès de personnels soignants au contact de patients infectés est actuellement en cours.

Références :
  • Wang M, Cao R, Zhang L, Yang X, Liu J, Xu M, et al. Remdesivir and chloroquine effectively inhibit the recently emerged novel coronavirus (2019-nCoV) in vitro. Cell Res. mars 2020;30(3):269‑71.
  • Yao X, Ye F, Zhang M, Cui C, Huang B, Niu P, et al. In Vitro Antiviral Activity and Projection of Optimized Dosing Design of Hydroxychloroquine for the Treatment of Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus 2 (SARS-CoV-2). Clin Infect Dis [Internet]. 2020 [cité 24 mars 2020]; Disponible sur: https://doi.org/10.1093/cid/ciaa237
  • Al-Kofahi M, Jacobson P, Boulware DR, Matas A, Kandaswamy R, Jaber MM, et al. Finding the dose for hydroxychloroquine prophylaxis for COVID-19; the desperate search for effectiveness. Clin Pharmacol Ther. 28 avr 2020;
  • Mahévas M, Tran V-T, Roumier M, Chabrol A, Paule R, Guillaud C, et al. Clinical efficacy of hydroxychloroquine in patients with covid-19 pneumonia who require oxygen: observational comparative study using routine care data. BMJ [Internet]. 14 mai 2020 [cité 15 mai 2020];369. Disponible sur: https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1844
  • Geleris J, Sun Y, Platt J, Zucker J, Baldwin M, Hripcsak G, et al. Observational Study of Hydroxychloroquine in Hospitalized Patients with Covid-19. N Engl J Med. 7 mai 2020; http://doi.org/10.1056/NEJMoa2012410
  • Rosenberg ES, Dufort EM, Udo T, Wilberschied LA, Kumar J, Tesoriero J, et al. Association of Treatment With Hydroxychloroquine or Azithromycin With In-Hospital Mortality in Patients With COVID-19 in New York State. JAMA [Internet]. 11 mai 2020 [cité 14 mai 2020]; Disponible sur: http://doi.org/10.1001/jama.2020.8630
  • Tang W, Cao Z, Han M, Wang Z, Chen J, Sun W, et al. Hydroxychloroquine in patients with mainly mild to moderate coronavirus disease 2019: open label, randomised controlled trial. BMJ [Internet]. 14 mai 2020 [cité 15 mai 2020];369. Disponible sur: https://www.bmj.com/content/369/bmj.m1849
  • Mehra MR, Desai SS, Ruschitzka F, Patel AN. Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis. The Lancet https://doi.org/10.1016/S0140-6736(20)31180-6


#023 Je prends un traitement immunosuppresseur ou une biothérapie pour une maladie auto-immune ou auto-inflammatoire. Dois-je l'arrêter ?

La réponse à cette question fait l’objet de recommandations des sociétés savantes.
De façon générale : Il vous faut poursuivre le traitement de votre pathologie. Si vous êtes sous corticoïdes, immunosuppresseurs ou biothérapies, vous êtes plus fragiles. Restez autant que possible à votre domicile, demandez à votre entourage de faire vos courses et limitez les contacts en respectant les gestes barrières. Aucun arrêt systématique des traitements immunosuppresseurs et biothérapies n'est recommandé. Toute suspension de votre traitement habituel vous exposerait à une poussée de votre maladie auto-immune et/ou inflammatoire (par exemple rhumatismale) et ainsi à un épisode de fragilité.
Si vous présentez des symptômes évocateurs de COVID-19 : Contactez votre médecin, il vous donnera la conduite à tenir concernant vos traitements et votre prise en charge. Ne vous rendez pas directement chez votre médecin ou à l’hôpital, et ne contactez le 15 qu’en cas de signes graves. 

#031 Est-ce que j’ai un risque à prendre un anti-histaminique, par exemple la cetirizine, pour mon allergie saisonnière dans le contexte du COVID-19 ?

Non, il n'y a pas de risque à prendre de la cétirizine, ou un autre antihistaminique, en cette période. La cetirizine est un antihistaminique c’est-à-dire qu’elle bloque les récepteurs à l’histamine dont la stimulation est à l’origine des symptômes de l’allergie. En bloquant ces récepteurs, la cetirizine et les autres antihistaminiques ne diminuent pas les défenses contre les virus et les bactéries. Il n’y a donc, a priori, pas de risque à prendre d'antihistaminiques dans cette période. De plus, si les signes de rhinorrhée sont importants, il peut être utile de prendre des antihistaminiques plutôt qu'un autre traitement pour faire la différence avec des signes respiratoires d'infection potentielle.

Références :
https://pharmacomedicale.org/medicaments/par-specialites/item/anti-histaminiques-h1-sauf-comme-anxiolytiques-ou-comme-hypnotiques

Liste des antihistaminiques ayant une indication dans l'allergie :

Bilastine (BILASKA®, INORIAL®) Bromphéniramine (DIMEGAN®) Cetirizine (ACTIFED ALLERGIE CETIRIZINE®, ALAIRGIX ALLERGIE CETIRIZINE®, DRILL ALLERGIE CETIRIZINE®, HUMEX ALLERGIE CETIRIZINE®, VIRLIX®, ZYRTEC®, ZYRTECSET®) Cyproheptadine (PERIACTINE®) Desloratadine (AERIUS®, DASSELTA®) Dexchlorphéniramine (POLARAMINE®) Ebastine (KESTIN®, KESTINLYO®) Fexofenadine (TELFAST®) Ketotifene (ZADITEN®) Levocetirizine (XYZALL®) Loratadine (CLARITYNE®, HUMEX ALLERGIE LORATADINE) Méquitazine (PRIMALAN®) Mizolastine (MIZOCLER®, MIZOLLEN®) Prométhazine (PHENERGAN®) Rupatadine (WYSTAMM®)

#037 J'ai posé une question récemment et je ne trouve pas la réponse dans les nouvelles fiches publiées. Pourquoi ?

Il existe plusieurs situations possibles :
- Votre question existe déjà sous une autre formulation, et est donc déjà publiée. Dans ce cas, nous vous invitons à regarder attentivement le listing des fiches questions/réponses pour vérifier que votre question n'a pas déjà été traitée sous une autre forme. Vous pouvez également rechercher votre réponse à l'aide du site covid19-medicaments.com , en entrant votre médicament, vous trouverez toutes les fiches question/réponse publiées s'y rapportant.
- Votre question est trop spécifique, ou relève d'une décision médicale, nous ne pouvons donc vous répondre individuellement ou nous substituer à la décision de votre médecin. Dans ce cas, contactez votre médecin généraliste, votre spécialiste référent, ou votre centre régional de pharmacovigilance https://www.rfcrpv.fr/contacter-votre-crpv.
- Nous n'avons pas encore pu traiter votre demande, elle sera publiée dès que possible. Le circuit de validation demande le temps de rédaction de la réponse, puis le consensus obligatoire sur la réponse de deux experts nationaux avant d'être validée et publiée.

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