#020 Y a-t-il actuellement des études en cours pour tester des médicaments contre le COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts

Oui, il y a aujourd’hui de nombreuses études de par le monde pour évaluer l’efficacité de différents médicaments dans la prise en charge de l’infection par le SARS-CoV-2. En France, un essai thérapeutique de grande ampleur vise à comparer l’efficacité de médicaments antiviraux chez les patients hospitalisés, par rapport à la prise en charge conventionnelle.

Les médicaments testés sont :

  • Le remdésivir, un médicament toujours à l’étude initialement développé contre le virus Ebola
  • L’association lopinavir + ritonavir, utilisée depuis de nombreuses années chez les patients infectés par le VIH ; et cette association en présence d’interféron-β, un médicament immunomodulateur et antiviral.
  • L'hydroxychloroquine, afin de confirmer ou d'infirmer des résultats très préliminaires. Cette étude est conduite dans plusieurs pays européens, et il est prévu d'y inclure au moins 3200 patients. Les premiers résultats devraient être connus d'ici quelques jours.

D’autres essais sont en cours ou sur le point de démarrer, évaluant par exemple des traitements inhalés habituellement prescrits dans l’asthme ou la BPCO, ou encore des médicaments modulant l’immunité (comme le sarilumab ou le tocilizumab) qui pourraient avoir un intérêt dans les formes sévères de COVID-19.

Par ailleurs, nous listons ci-dessous des médicaments en phase d’évaluation (liste non exhaustive) et dont le relais médiatique en France est important.

attentionIl est important ne pas prendre ces médicaments en automédication, ni de demander une prescription à un médecin pour pouvoir les utiliser. Ces médicaments n’ont pas démontré leur efficacité, ni même qu’ils n’aggravent pas la maladie COVID-19. Certains de ces médicaments ont des effets indésirables graves et leur utilisation en dehors de toute prise en charge spécialisée est potentiellement dangereuse.
  • Un essai clinique français visant à étudier l’effet de la transfusion de plasma de patients guéris du COVID-19, contenant des anticorps dirigés contre le virus, a démarré début avril avec les premiers prélèvements de patients guéris réalisés par l’établissement français du sang (EFS)
  • Une étude évaluant l’effet de l’hydroxychloroquine ou de l’association lopinavir/ritonavir en prévention de l’infection chez des personnels soignants au contact de patients infectés est actuellement en cours.
  • Une étude clinique Canadienne Colcorona (uniquement disponible au Canada) évaluant les effets de la colchicine (anti-inflammatoire) pour lutter contre les conséquences de l’inflammation liée à l’infection au COVID-19. Il n’existe à ce jour aucune donnée scientifique publiée sur une quelconque efficacité de la colchicine pour traiter les symptômes de COVID-19. Nous rappelons que ce médicament a une marge thérapeutique étroite qui expose à des effets indésirables graves notamment en cas de surdosage (diminution du nombre de globules blancs, de plaquettes, voire de l’ensemble des cellules sanguines notamment) ; la survenue de troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée profuse) pouvant constituer un signe précoce de surdosage. La colchicine est également pourvoyeuse de nombreuses interactions médicamenteuses.
  • Une étude réalisée en Australie sur des cellules en laboratoire a testé l’efficacité de l’ivermectine (antiparasitaire) et retrouve un potentiel effet de cette molécule sur le SARS-Cov2 (diminution de la réplication du virus).  Nous rappelons qu’il existe de nombreux médicaments évalués sur des cellules et des animaux pour traiter des maladies virales (ebola, chikungunya, SARS-Cov1…) mais que ces traitements n’ont jamais démontré leur efficacité chez l’homme et que certains médicaments prometteurs ont finalement démontré qu’ils aggravaient la maladie virale (comme pour la chloroquine dans le traitement du Chikungunya).
  • Deux études cliniques sont sur le point de débuter, en France (essai reCoVery) et en Egypte, pour évaluer l'efficacité de la chlorpromazine dans la prise en charge du COVID-19. La chlorpromazine est un antipsychotique indiqué notamment dans les troubles bipolaires. Dans ces études, elle sera utilisée par voie orale et injectable en France et en Egypte respectivement. La piste de la chlorpromazine, si elle s'avère efficace, pourrait être intéressante étant donné son profil de distribution préférentiel dans les poumons et la salive, et de son passage au niveau du système nerveux central. L'essai français reCoVery est une étude pilote, randomisée contrôlée en double aveugle, où il est prévu d'inclure 40 patients sur trois hôpitaux de Paris.
 

(Hydroxy)chloroquine, Evaluation de nouveaux traitements

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