#018 Chloroquine, hydroxychloroquine, Nivaquine, Plaquenil ... C'est quoi ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

La chloroquine est une molécule ancienne, utilisée comme antipaludique. En France, elle est commercialisée sous le nom de Nivaquine®. Il existe un dérivé de la chloroquine, l’hydroxychloroquine (dont le nom commercial est Plaquenil®), utilisé de longue date dans certaines maladies auto-immunes telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Ces deux médicaments sont dits « à marge thérapeutique étroite », ce qui signifie que la dose efficace et la dose toxique sont relativement proches. Il est donc essentiel de bien respecter les modalités d’utilisation de ces médicaments pour éviter l’apparition d’effets indésirables graves, notamment cardiovasculaires. En aucun cas il ne faut prendre ces médicaments sans prescription médicale.

Pour en savoir plus sur :
  • L'hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19 : se reporter à la question #019.
  • Les risques, le suivi nécessaire, et les interactions médicamenteuses liées à l'utilisation de l'hydroxychloroquine : se reporter à la question #129.
  • Les essais cliniques en cours sur les traitements du COVID-19 : se reporter à la question #020.
  • Tous les médicaments antipaludiques: se reporter à la question #100.
Références

En vidéo :
:

#019 La chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont-elles efficaces pour prévenir ou traiter l’infection par COVID-19 ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

doigt L’essentiel de la question (mise à jour le 27 juillet 2020) :

  • A l’heure actuelle, les données disponibles concluent que l’hydroxychloroquine n’est pas associée à une réduction de la mortalité à 28 jours. En revanche, elle est associée à une augmentation de la durée d’hospitalisation et à un risque accru du recours à la ventilation mécanique invasive ou le décès.
  • Les données disponibles suggèrent que la chloroquine ou l’hydroxychloroquine utilisées seules ou en association avec un macrolide (ex. azithromycine), ne sont pas cliniquement efficaces pour traiter le COVID-19, ni en prévention de l’infection chez les sujets à risque. Vous trouverez ci-dessous un résumé des résultats des principales études publiées à ce jour.
  • En l’absence de bénéfice démontré à ce jour, il ne faut pas exposer inutilement les patients à un sur-risque d'évènements indésirables, notamment cardiaques, décrits avec ces médicaments chez les patients atteints de COVID-19.
  • En ce sens, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) a recommandé le 25 mai 2020 de ne pas utiliser l'hydroxychloroquine, seule, ou en association à un macrolide, pour le traitement de la COVID-19 chez les patients pris en charge à domicile ou à l’hôpital, quel que soit le niveau de gravité.
  • Sur le principe de précaution, l'OMS et l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et du produit de santé (ANSM) ont décidé fin mai 2020 de suspendre les nouvelles inclusions de patients dans les études cliniques françaises évaluant l’hydroxychloroquine dans la prise en charge de la COVID-19. Les patients déjà traités dans le cadre de ces essais pourront poursuivre leur traitement (voir communiqué)
  • Le 03 juin 2020, l’OMS annonce la reprise de l’essai clinique international Solidarity visant à comparer l’efficacité de plusieurs traitements contre le COVID-19, dont l’hydroxychloroquine. Après analyse intermédiaire des données, le comité de suivi de l’essai n’a pas vu de sur-risque associé la prise d’hydroxychloroquine. Les inclusions dans cet essai avaient été suspendues le 25 mai 2020. Concernant la France, l’avis de l’ANSM est toujours en attente concernant une reprise potentielle des essais sur le territoire Francais.

doigt Résultats des principales études disponibles à ce jour :

1. Etudes in vitroou chez l'animal

La chloroquine, un antipaludique, et son dérivé l’hydroxychloroquine (se reporter à la question #018) utilisé dans certaines maladies auto-immunes, ont montré une activité sur des cellules infectées par le coronavirus SARS-CoV-2 in vitro (donc en laboratoire) (Wang et al., 2020, Cell Research ;Yao et al., 2020, Clinical Infectious Diseases ; Al-Kofani et al., 2020, CPT). Si ces données ont ouvert des perspectives encourageantes, elles ne prouvent pas que la chloroquine ou l’hydroxychloroquine sont efficaces pour la prise en charge des patients infectés. . Ces études ont eu lieu sur des cellules Véro, c’est-à-dire des cellules rénales de singe.
Début juillet, une étude publiée dans Nature (Hoffman et al, 2020)  s’intéresse à l’effet de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine sur les cellules humaines pulmonaires. Pour ce faire, elle compare l’inhibition par la chloroquine et l’hydroxychloroquine de l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules rénales d’une part, et dans les cellules pulmonaires d’autre part. Pour entrer dans les cellules pulmonaires, le SARS-CoV-2 est dépendant du gène TMPRSS2, gène exprimant une enzyme, la protéase transmembranaire 2. In vitro, la chloroquine et l’hydroxychloroquine ont effectivement inhibé l’entrée du virus dans les cellules rénales Véro ne possédant pas le gène TMPRSS2. En revanche, aucune inhibition n’a été observée chez les cellules pulmonaires, possédant le gène TMPRSS2. La chloroquine et l’hydroxychloroquine ne bloquent pas efficacement l’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules humaines.
Fin juillet, une étude publiée en pré-print dans Nature (Malsonnasse et al. 2020)  fait part de ses résultats sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine chez le macaque au préalable infecté par le SARS-CoV-2. Aucune activité antivirale ni aucune efficacité clinique du traitement par hydroxychloroquine n’a été démontré et ce quel que soit le moment d’introduction du traitement dans le stade de la maladie, et malgré des concentrations plasmatiques élevée d’hydroxychloroquine. Ces résultats sont cohérents avec les résultats obtenus chez l’homme.

2. Etudes cliniques sur l’hydroxychloroquine utilisée seule 
  • Mi-mars 2020 (Million et al., 2020, Travel Med Infect Dis. ; Gautret et al., 2020, Int J Antimicrob Agents.) : les premières données françaises portant sur peu de patients et sans comparateur (c’est-à-dire un groupe de patients suivis de la même manière mais qui n’auraient pas reçu le traitement), ne permettent pas de conclure quant à un potentiel bénéfice
  • Le 14 mai 2020 (Mahevas et al., 2020, BMJ): une autre étude française a recueilli les données de 84 patients traités par hydroxychloroquine dans 4 hôpitaux (le traitement a été reçu dans les 48 heures suivant l’hospitalisation), et les a comparées aux données de 89 patients non traités par hydroxychloroquine, sans tirer au sort qui recevrait ou non le traitement (ce qui est une faiblesse méthodologique). Cette étude ne montre pas de différence entre les groupes quant au risque de passage en soins intensifs ou de décès. Environ 10% des patients traités par hydroxychloroquine ont dû interrompre le traitement à cause d’effets indésirables cardiaques.
  • Le 14 mai 2020 (Geleris et al., 2020, NEJM): sur le même principe (comparaison sans tirage au sort), une étude américaine menée chez des patients hospitalisés n'a pas montré de bénéfice clinique, mais a décrit une augmentation de la mortalité chez les patients traités par hydroxychloroquine par rapport à ceux n'ayant pas reçu d'hydroxychloroquine.
  • Le 14 mai 2020 (Tang et al. 2020, BMJ): une étude chinoise intégrant un groupe contrôle (comparateur), avec tirage au sort pour déterminer qui reçoit l’hydroxychloroquine et qui ne la reçoit pas, a inclus 75 patients hospitalisés pour une infection COVID-19 dans chaque groupe. Les résultats ne montrent pas de différence significative entre les groupes concernant la proportion de patients porteurs du virus à 28 jours (résultat principal) ou la disparition des symptômes (résultat secondaire).
  • Le 15 juillet, l’essai Recovery publie en pré-print ses résultats définitifs (Horby et al. 2020, BMJ) Cette étude conclue quel’hydroxychloroquine n’est pas associée à une réduction de la mortalité à 28 jours. En revanche, elle est associée à une augmentation de la durée d’hospitalisation et à un risque accru d’évolution vers une ventilation mécanique invasive ou le décès. Recovery est un essai randomisé, controlé, en ouvert, comparant une gamme de traitements possibles avec les soins habituels chez les patients COVID-19. Un total de 1561 patients a été recruté dans le bras hydroxychloroquine et comparée à 3155 patients dans le groupe contrôle (prise en charge standard). 
    Au total, 418 (26,8 %) patients ayant reçu de l'hydroxychloroquine et 788 (25,0 %) patients ayant reçu les soins habituels sont décédés dans les 28 jours (rapport de taux de 1,09 ; intervalle de confiance [IC] de 95 % de 0,96 à 1,23 ; P=0,18). Des résultats cohérents ont été observés dans tous les sous-groupes de patients prédéfinis. Les patients sous hydroxychloroquine avaient moins de chances de sortir vivants de l'hôpital dans les 28 jours (60,3 % contre 62,8 % ; rapport de taux 0,92 ; IC à 95 % 0,85-0,99) et ceux qui n'étaient pas sous ventilation mécanique invasive au départ avaient plus de chances d'atteindre le critère d'évaluation impliquant le recours à la ventilation mécanique invasive ou du décès (29,8 % contre 26,5 % ; rapport de risque 1,12 ; IC à 95 % 1,01-1,25). Il n'y a pas eu d'excès de nouvelles arythmies cardiaques majeures.
  • Une étude publié le 16 juillet (Skipper et al.  Annals of Internal Medicine 2020) s’intéresse à l’impact de l’hydroxychloroquine sur l’évolution des symptômes de patients ayant été testé positifs au COVID-19, par PCR mais ne requérant pas d’hospitalisation ). il Il s’agit d’une étude en double aveugle, contrôlée vs placebo. Parmi les 491 patients inclus dans l'étude et symptomatiques, 81 % ont été testés positifs pour COVID-19 par PCR. 244 ont reçu de l'hydroxychloroquine et 247 un placebo. L'évolution de la gravité des symptômes sur 14 jours n'a pas été différente entre les groupes hydroxychloroquine et placebo (différence de gravité des symptômes : relative, 12 % ; absolue, -0,27 point [95 % IC, -0,61 à 0,07 point] ; P = 0,117). Au bout de 14 jours, 24 % (49 sur 201) des participants recevant de l'hydroxychloroquine présentaient des symptômes permanents, contre 30 % (59 sur 194) pour le placebo (P = 0,21). Des effets indésirables des médicaments sont apparus chez 43 % (92 sur 212) des participants recevant l'hydroxychloroquine contre 22 % (46 sur 211) recevant le placebo (P < 0,001). Cette étude conclue en l’absence de réduction des symptômes du COVID-19 chez les patients traités par hydroxychloroquine comparativement à ceux recevant le placebo.

3. Principales études sur l’hydroxychloroquine utilisée en association avec l’azithromycine (voir question #036) :

  • Le 11 mai 2020 (Rosenberg et al. 2020, JAMA) : cette étude américaine a comparé les données de patients hospitalisés ayant reçu de l’hydroxychloroquine, de l’azithromycine, ou l’association des deux, aux données de patients n’ayant pas reçu ces traitements. Les patients n’ont pas été tirés au sort pour savoir s’ils allaient recevoir ou non le traitement, et lequel (faiblesse méthodologique). Dans cette étude, la mortalité n’a pas été significativement différentes entre ces quatre groupes de patients.
  • Le 22 mai 2020 (Mehra et al., 2020, Lancet) : une étude observationnelle a tenté de réévaluer le rapport bénéfice/risque de l’utilisation de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine, utilisées seules, ou en association à un macrolide.  attention Du fait de l'expression of concern du Lancet (3 juin)  et de  la rétraction de 3 auteurs (4 Juin 2020), cette étude n’apporte pas de données exploitables.
  • Le 23 Juillet 2020 (Cavalcanti. 2020 NEJM) : cet essai contrôlé, multicentrique, randomisé, en ouvert, compare chez 667 patients : soins courants, hydroxychloroquine, et association hydroxychloroquine-azithromycine. L’utilisation de l’hydroxychloroquine seule ou en association avec l’azithromycine n’a pas amélioré l’état clinique des patients par rapport aux soins courants avec plus d’effet indésirables chez les patients recevant de l’hydroxychloroquine associée ou non à l’azithromycine
4. Hydroxychloroquine utilisée en prévention du COVID-19 :
  • Le 04 juin 2020 (Boulware et al, 2020, NEJM) : Il s’agit d’une étude nord-américaine randomisée, en double-aveugle, contre placebo, qui a pour objectif d’évaluer le rôle de l’hydroxychloroquine dans la prévention de la COVID-19, chez les patients à risque. 821 sujets sains asymptomatiques ayant été en contact avec une personne contaminée ont été répartis en deux groupes, l’un recevant de l’hydroxychloroquine et l’autre un placebo, administrés dans les 4 jours après l’exposition et avant que les symptômes ne se développent. A la fin de l’étude, il n’y avait pas de différence significative entre les proportions de patients développant la COVID-19 de chacun des deux groupes. En revanche, les patients traités par hydroxychloroquine ont rapporté plus d’effets indésirables (non graves) que le groupe placebo.

attentionQuels sont les risques liés à l’usage d’hydroxychloroquine en dehors des essais cliniques ?

Il est également important de rappeler que l’emploi de ces médicaments, surtout en association avec l'azithromycine, fait courir des risques d’effets indésirables graves, en particulier cardiaques. Plusieurs cas viennent d’être rapportés aux Centres Régionaux de Pharmacovigilance (CRPV). Voir les informations publiées par le réseau français des CRPV.

Pour en savoir plus sur :
  • Les bases méthodologiques des essais cliniques : consultez la question #136
  • Les autres essais cliniques en cours sur les traitements du COVID-19 : consultez la question #020.

Références :

#020 Y a-t-il actuellement des études en cours pour tester des médicaments contre la COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.

Oui, il y a aujourd’hui de très nombreuses études de par le monde pour évaluer l’efficacité de différents médicaments dans la prise en charge de l’infection par le SARS-CoV-2.

doigtNous listons ci-dessous quelques-uns des principaux essais en cours :
  • L’essai Solidarity :Il s’agit d’un essai clinique international, contrôlé, randomisé (cf question 136) lancé par l’OMS. Quatre traitements différents étaient initialement comparés à la prise en charge symptomatique habituelle :
    • Le Remdésivir, un médicament initialement développé contre le virus Ebola (pour plus d’information sur le Remdésivir voir la question #163 )
    • L’association lopinavir + ritonavir, utilisée depuis de nombreuses années chez les patients infectés par le VIH ;
    • La même association en présence d’interféron-β, un médicament immuno-modulateur et antiviral
    • L'hydroxychloroquine, notamment utilisée pour le traitement d’affections rhumatologiques (pour plus d’informations voir la question #19)

Le 23 mai 2020, le groupe exécutif de l’essai Solidarity décide de suspendre temporairement le bras hydroxychloroquine de l’étude, en raison d’inquiétudes autour de l’innocuité de ce médicament.

Le 3 juin, le directeur général de l’OMS a annoncé qu’au vu des  données disponibles sur la mortalité, il n’y avait pas lieu de modifier le protocole de l’essai. L’étude se poursuivait donc en y maintenant le bras concernant l’hydroxychloroquine, pour l’arrêter finalement le 17 juin 2020. 

Le 4 juillet, l’OMS annonce accepter la recommandation du comité directeur international de l’essai Solidarity, recommandation survenant à la lumière des résultats provisoires de l’essai concernant le bras lopinavir-ritonavir. Ces résultats provisoires montrent que l’association lopinavir-ritonavir n’entraine pas de réduction de la mortalité chez les patients hospitalisés pour COVID-19  par rapport au groupe contrôle recevant des soins standards. L’essai annonce arrêter ses inclusions dans le bras lopinavir-ritonavir. Les résultats détaillés sont actuellement en cours de préparation pour une publication dans une revue à comité de lecture. Les essais Discovery et Recovery ont pris la même initiative (voir paragraphe dédié à ces essais).

  • L’essai Discovery a été développé selon la même méthodologie que Solidarity, dans lequel il s’intègre. Initialement, cette étude devait inclure plusieurs état membres de l’Union Européenne mais, à ce jour, la majorité des inclusions a eu lieu en France rendant l’objectif de 3200 inclusions de patients difficiles à atteindre. L’étude continue de poursuivre ses inclusions, mais la seule participation de la France va différer le rendu des résultats.

Le 24 mai, l’étude Discovery avait suspendu les inclusions de patients dans le bras hydroxychloroquine après la publication d’un article défavorable dans la revue the Lancet.

Le 3 juin, Discovery annonçait envisager de reprendre les inclusions dans le bras hydroxychloroquine. Cette décision était basée sur les recommandations de l’étude Solidarity de l’OMS mais aussi sur les données issues d’autres essais cliniques examinant l’efficacité de l’hydroxychloroquine Compte tenu de la décision finale de l’OMS, le bras hydroxychloroquine de l’étude Discovery est définitivement interrompu. 

Le 4 juillet, L’essai Discovery annonce par un communiqué de presse l’arrêt des inclusions dans les deux bras testant l’association lopinavir-ritonavir avec ou sans interféron bêta. Cette décision s’appuie sur les recommandations d’arrêts formulés par les comités d’experts indépendants de l’essai Discovery ainsi que de l’essai Solidarity. Cette décision est basée d’une part sur l’absence d’efficacité sur la mortalité à 28 jours des patients hospitalisés pour les bras lopinavir-ritonavir (avec ou sans interféron beta), par rapport au traitement standard. De plus, dans l’essai Discovery qui analyse les évènements indésirables chez les patients traités, le comité indépendant a souligné la fréquence significativement plus élevée d’effets indésirables grave concernant la fonction rénale dans les deux groupes de patient recevant la combinaison lopinavir-ritonavir, notamment chez les patients hospitalisés en réanimation. Une communication sous forme de publication dans des journaux internationaux est attendu afin d’avoir des résultats plus détaillés.

  • L’essai Recovery : Se déroulant en Grande Bretagne, il s’agit d’un essai thérapeutique de très grande ampleur, contrôlé, randomisé, en ouvert, visant à comparer l’efficacité de différents médicaments chez les patients hospitalisés. Les médicaments testés sont :

Au 5 juin 2020, l’essai Recovery a recruté 11.191 patients provenant de 176 hôpitaux britanniques. Toutes les deux semaines, le Data Monitoring Committee demande un compte rendu des résultats préliminaires. L’essai est toujours en cours et continue de recruter des patients pour les différents traitements testés. Les résultats définitifs ne sont donc pas disponibles.  
Le UK Medecines and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA) a demandé les résultats préliminaires de l’étude concernant le bras hydroxychloroquine, ces résultats préliminaires ayant une implication importante en termes de santé publique et d’information. Au 5 juin, d’après ces résultats, l’étude a conclu à une absence d’effet bénéfique de l’hydroxychloroquine dans le traitement des patients hospitalisés pour COVID-19. Un total de 1.542 patients a été recruté dans le bras hydroxychloroquine, comparés à 3132 patients dans le groupe contrôle (prise en charge standard). Le bras hydroxychloroquine ne présentait pas de différence significative de mortalité à 28 jours comparativement au bras contrôle (25.7% vs 23.5%, respectivement ;  Hazard ratio 1.11 [95% confidence interval 0.98-1.26]). En conséquence, il a été décidé d’arrêter d’inclure des patients dans le bras hydroxychloroquine. L’essai est toujours en cours et les autres traitements toujours à l’essai.

Le 15 juillet, l’essai publie en pre-print ses résultats définitifs (paragraphe ci-dessous)

Le 16 juin 2020, un communiqué de presse provenant de Recovery Trial annonce par ailleurs que la déxamethasone, un glucocorticoïde anti-inflammatoire permettrait de réduire d’un tiers la mortalité chez les patients hospitalisés présentant une forme sévère du COVID-19 avec complications pulmonaire en réanimation et sous ventilation invasive. Chez les patients sous ventilation non invasive, la mortalité serait réduite d’un cinquième. En dépit de cette annonce, il est nécessaire d’attendre la publication des résultats de l’étude afin de pouvoir confirmer ces données.  (Pour plus d’information sur la dexamethasone voir laquestion #164

Le 29 juin, un communiqué de presse émanant du RecoveryTrial annonce l’arrêt du bras lopinavir-ritonavir. Le comité directeur de l’essai a conclu que l’association lopinavir-ritonavir n’a aucun effet bénéfique chez les patients hospitalisés avec COVID-19 et décide de fermer les inclusions de patients dans ce bras de traitement. Au total, 1596 patients ont été randomisés dans le groupe lopinavir-ritonavir et comparés à 3376 dans le groupe contrôle (prise en charge standard). Parmi ces patients, 4% ont eu besoin d’une ventilation mécanique invasive au moment de leur admission à l’essai, 70% ont eu besoin d’oxygène seul et 26% n’ont pas eu besoin d’intervention respiratoire. Aucune différence significative n’a été constatée dans le critère d’évaluation principal de la mortalité à 28jours (22,1 % pour le lopinavir-ritonavir contre 21,3 % pour les soins habituels ; risque relatif de 1,04 [intervalle de confiance de 95 % 0,91-1,18] ; p=0,58). Il n’y avait pas non plus de preuves d’effets bénéfiques sur le risque de progression vers la ventilation mécanique ou la durée d’hospitalisation.  Ces données excluent de manière convaincante tout avantage significatif en termes de mortalité du lopinavir-ritonavir chez les patients hospitalisés pour COVID-19 et étudiés durant l’étude. Le groupe de patients étudiés sous ventilation mécanique invasif est faible, en raison de difficulté d’administration du traitement sous respirateur. Il n’est donc pas possible de tirer de conclusions sur l’efficacité de l’association lopinavir-ritonavir chez les patients sous ventilation mécanique.

Le 15 juillet, l’essai Recovery publie en pré-print ses résultats définitifs Cette étude conclue que l’hydroxychloroquine n’est pas associée à une réduction de la mortalité à 28 jours. En revanche, elle est associée à une augmentation de la durée d’hospitalisation et à un risque accru d’évolution vers une ventilation mécanique invasive ou le décès. Recovery est un essai randomisé, controlé, en ouvert, comparant une gamme de traitements possibles avec les soins habituels chez les patients COVID-19. Un total de 1561 patients a été recruté dans le bras hydroxychloroquine et comparée à 3155 patients dans le groupe contrôle (prise en charge standard).

Au total, 418 (26,8 %) patients ayant reçu de l'hydroxychloroquine et 788 (25,0 %) patients ayant reçu les soins habituels sont décédés dans les 28 jours (rapport de taux de 1,09 ; intervalle de confiance [IC] de 95 % de 0,96 à 1,23 ; P=0,18). Des résultats cohérents ont été observés dans tous les sous-groupes de patients prédéfinis. Les patients sous hydroxychloroquine avaient moins de chances de sortir vivants de l'hôpital dans les 28 jours (60,3 % contre 62,8 % ; rapport de taux 0,92 ; IC à 95 % 0,85-0,99) et ceux qui n'étaient pas sous ventilation mécanique invasive au départ avaient plus de chances d'atteindre le critère d'évaluation impliquant le recours à la ventilation mécanique invasive ou du décès (29,8 % contre 26,5 % ; rapport de risque 1,12 ; IC à 95 % 1,01-1,25). Il n'y a pas eu d'excès de nouvelles arythmies cardiaques majeures.

  • L’essai ReCoVery  :il s’agit d’une étude pilote Française de phase III, randomisée, contrôlée et en simple insu, incluant 40 patients et ayant pour but d’évaluer l'efficacité de la chlorpromazine par voie orale dans la prise en charge du COVID-19 chez les patients requérant une hospitalisation. Les patients nécessitant une prise en charge en réanimation avec ventilation mécanique ne seront pas inclus dans l’étude. La chlorpromazine est un antipsychotique indiqué notamment dans les troubles bipolaires. La piste de la chlorpromazine, si elle s'avère efficace, pourrait être intéressante étant donné son profil de distribution dans les poumons et la salive, et de son passage au niveau du système nerveux central. Les mécanismes d’action de la chlorpromazine ciblent l’entrée du virus dans la cellule. L’objectif principal de cette étude est de démontrer un délai de réponse potentiellement plus court au traitement chez les patients ayant reçu la chlorpromazine, ce délai de réponse plus court se traduirait par un niveau de sévérité réduit.
  •  L’essai Coverage : Cet essai, randomisé, multicentrique, contre groupe contrôle (Zinc), compare quatre traitements différents contre le COVID-19, chez des patients âgés d’au moins 65 ans et traités en ambulatoire. Il doit inclure plus de 1000 patients. Les traitements comparés sont les suivants :
    • Le Telmisartan (antihypertenseur agissant sur le système rénine-angiotensine – pour plus d’information, voir laquestion #006)
    • Le Favipiravir (antiviral testé sur les virus de la grippe, fièvre jaune, et autres virus à ARN). C’est un traitement en cours d’autorisation de mise sur le marché en France et actuellement en autorisation temporaire d’utilisation)
    • L’Imatinib (immuno-modulateur utilisé en oncologie)
    • L’hydroxychloroquine (pour plus d’information voir la question #019)
  • L’essai Hycovid : Il s’agit d’une étude française randomisée, prospective, multicentrique, en double aveugle et contre placebo qui vise à étudier l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans la prévention de forme sévère chez des patients ayant contracté la COVID-19 et à haut risque d’aggravation. (pour plus d’information sur l’hydroxychloroquine, voir laquestion #019). Débuté en avril 2020, 1300 patients doivent être recrutés. L’efficacité de l’hydroxychloroquine est déterminée par le nombre de décès ou le recours à l’intubation/ventilation mécanique à 14 jours après le début du traitement, chez des patients COVID-19.
    Le 26 mai, suite aux recommandations de l’ANSM et en lien avec l’avis de l’OMS sur l’hydroxychloroquine (voir ci-dessus : essais Solidarity et Discovery), Hycovid décide de suspendre les inclusions. Actuellement, l’ANSM analyse les résultats préliminaires de l’étude et décidera si cette dernière doit se poursuivre ou non. A noter que parallèlement, un conseil de surveillance indépendant examine les données de l’étude tous les 50 patients. Lors du dernier bilan, ce conseil avait donné un avis favorable quant à la poursuite de l’étude. L’avis de l’ANSM est toujours en attente et l’étude est actuellement toujours suspendue.
  • L’essai Covidaxis: Il s’agit d’une étude Française multicentrique, randomisée, en double aveugle et contre placebo, visant à inclure 600 patients pour évaluer l’effet de l’hydroxychloroquine ou de l’association lopinavir/ritonavir en prévention de l’infection chez des personnels soignants au contact de patients infectés par la COVID-19.
    Le 27 mai, conformément à la décision de l’ANSM,  les inclusions sont suspendues et les traitements sont arrêtés. L’étude n’est pas clôturée mais en attente de l’avis de l’ANSM.
  • L’essai Covidicus: Il s’agit d’un essai clinique Français randomisé visant à évaluer à 60 jours l’impact de la dexamethasone (voir la question #164) et du recours à l’oxygène sur la mortalité des patients COVID en unité de soins intensif et présentant un syndrome de détresse respiratoire aigüe. 550 patients doivent être inclus dans cette étude, qui est toujours en cours.
  • L’essai COVID-BCG: COVID-BCG est une étude française visant à évaluer le bénéfice de la revaccination par le BCG chez les personnels hospitaliers en contact potentiel avec des patients COVID-19. C’est une étude multicentrique, randomisée, en double aveugle, contre placebo. Il est projeté d’inclure 1120 personnels hospitaliers. L’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’impact du vaccin BCG sur la survenue d’une pathologie Covid-19 symptomatique. L’étude est actuellement en cours
    Rappel sur le BCG et sur son vaccin :
    Le vaccin BCG est un vaccin dirigé contre le Bacille Calmette-Guérin (BCG). Ce Bacille est très proche du bacille « Mycobacterium tuberculosis » qui lui est responsable de la maladie de la tuberculose, autrefois appelé phtisie pulmonaire. Cette ressemblance entre les deux bacilles confère au BCG une antigénicité croisé suffisamment forte pour devenir un vaccin effectif pour la prévention de la tuberculose humaine. Il s’agit d’un vaccin vivant atténué, c’est-à-dire que la capacité pathogène du bacille a été atténuée de manière à ce qu’il ne puisse pas provoquer la maladie. Il provoque cependant la réaction immunitaire. La vaccination induit une réponse immunitaire qui confère un niveau de protection variable contre l’infection à Mycobacterium tuberculosis. La durée n’est pas connue, mais il existe des immunités décroissantes après 10 ans. Le lien entre BCG et COVID-19 fait suite à des publications scientifiques de 2011, 2015 et 2018 (voir la bibliographie ci-dessous).  Dans ces publications, il avait été constaté que le BCG réduisait la mortalité des enfants de pays défavorisé, en diminuant les infections respiratoires et le sepsis. Cette donnée est aussi vraie chez les adultes. Enfin, une autre étude montrait que la vaccination au BCG pouvait réduire « l’orage cytokinique » réactionnelle à l’infection, donc diminuer le syndrome inflammatoire. (Pour plus d’information sur « l’orage cytokiniques », voir laquestion #154)
  • Le programme d’essai Corimuno : Le programme d’essai CORIMUNO est une cohorte multiple d’essai contrôlé randomisé, en ouvert, multicentrique, à l’initiative de l’AP-HP. Parmi les essais figurant dans ce programme on retrouve :
    • L’essai Corimuno-Toci: L’objectif est de déterminer l’effet thérapeutique et la tolérance du tocilizumab chez les patients COVID-19 présentant une pneumonie sévère à modéré. Actuellement, l’étude à inclus 228 participants. Les participants sont répartis en deux bras, l’un recevant des soins standards, et l’autre recevant une injection de Tocilizumab 8mg/kg à J1. En l’absence de réponse favorable à J1, une deuxième injection à lieu à J3. L’AP-HP avait communiqué prématurément au sujet des résultats de cette étude mais ces derniers ne sont toujours pas disponibles. Pour rappel, le Tocilizumab est un anticorps monoclonal ciblés contre le récepteur de l’interleukine 6 (IL-6). Il est utilisé dans plusieurs maladies inflammatoires. Ses propriétés anti-inflammatoires le font envisager en tant que traitement potentiel de la maladie COVID-19. Pour plus d’information sur le tocilizumab, voir la question #154).
    • L’essai Corimuno-COAG: Essai clinique Français évaluant l’efficacité et la sécurité d’une anticoagulation active chez les patients COVID-19 hospitalisée en unité conventionnelle et en unité de soins intensifs. C’est une étude randomisée, de phase II, multicentrique, en ouvert, dans laquelle les patients seront répartis entre un bras soumis à anticoagulation versus un bras de soins standards. 808 patients doivent être inclus dans cette étude, qui est toujours en cours. Les traitements étudiés sont les suivants :
      • Tinzaparine (anticoagulant, anti-thrombotique utilisé dans la prévention ou le traitement des thromboses veineuses profonde (TVP) ainsi que dans le traitement des embolies pulmonaire)
      • Héparine non fractionnée (anticoagulant, antithrombotique, utilisé en traitement curatif des TVP, de l’embolie pulmonaire, mais aussi dans certains infarctus du myocarde).
    • L’essai Corimuno-ECU: visant à évaluer l’efficacité et la sécurité d’un traitement par Eculizumab chez les patients COVID-19 présentant une pneumonie sévère à modéré. L’étude doit recruter 120 patients. Les participants sont répartis en deux bras, l’un recevant des soins standards, et l’autre recevant de l’Eculizumab. L’eculizumab (SOLIRIS®) est un anticorps monoclonal dirigé sur la protéine C5 du complément, et est indiqué dans des pathologies telles que l’hémoglobinurie paroxystique nocturne. (pour plus d’information voir la question #154)
    • L’essai Corimuno-ANA: visant à évaluer l’efficacité thérapeutique et la tolérance de l’Anakinra chez les patients COVID-19 19 présentant une pneumonie sévère à modéré. L’étude doit recruter 240 patients. Les participants sont répartis en deux bras, l’un recevant des soins standards, l’autre recevant de l’Anakinra. l’Anakinra (KINERET®) est un anticorops monoclonal qui agit en bloquant le récepteur de l’interleukine 1 (IL1). Ces médicaments sont notamment utilisés dans le traitement de plusieurs maladies inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde. (Pour plus d’informations voir la question #154)
    • L’essai Corimuno-Coviplasm: il s’agit d’un essai clinique randomisé visant à étudier l’effet de la transfusion de plasma de patients guéris du COVID-19, contenant des anticorps dirigés contre le virus, a démarré début avril avec les premiers prélèvements de patients guéris réalisés par l’établissement français du sang (EFS). 60 patients seront inclus dans l’essai.
    • L’essai Corimuno-SARI: visant à évaluer l’efficacité thérapeutique et la tolérance du Sarilumab chez les patients COVID-19 19 présentant une pneumonie sévère à modéré. L’étude a actuellement recruté 239 patients. Les participants sont répartis en deux bras, l’un recevant des soins standards, l’autre recevant du Sarilumab. Le Sarilumab est un anticorps monoclonal humain IgG1 qui se lie aux récepteurs à l’interleukine IL-6Rs et qui est connue pour inhiber la réponse à l’interleukine IL6
  • Parallèlement, les laboratoires Sanofi et Regeneron lancent un essai clinique portant sur le Sarilumab. Il s’agit d’un essai de phase II/III randomisée, en double aveugle, contrôlé par placebo et visant à évaluer l’efficacité clinique du Sarilumab dans le traitement contre l’infection au SARS-CoV-2 chez les patients atteints d’une formes sévères ainsi que chez ceux nécessitant une ventilation mécanique.
  • Le 02 juillet, les laboratoires Sanofi et Regeneron annoncent dans un communiqué de presse que le Sarilumab n’a pas rempli les objectifs primaires et secondaires de l’essai, c’est-à-dire qu’il n’a pas montré de preuve d’efficacité dans le traitement au COVID-19 chez les patients présentant des formes sévères ainsi que chez ceux nécessitant une ventilation mécanique. De plus, des évènements indésirables graves ont été rapportés plus fréquemment chez les patients traités par Sarilumab. Sur la base de ces résultats, l’essai a été interrompu. Les résultats détaillés seront soumis à publication. 
  •  Une étude clinique Canadienne Colcorona(uniquement disponible au Canada) évaluant les effets de la colchicine (anti-inflammatoire) pour lutter contre les conséquences de l’inflammation liée à l’infection par le coronavirus. Il n’existe à ce jour aucune donnée scientifique publiée sur une quelconque efficacité de la colchicine pour traiter les symptômes de COVID-19. Nous rappelons que ce médicament a une marge thérapeutique étroite qui expose à des effets indésirables graves notamment en cas de surdosage (diminution du nombre de globules blancs, de plaquettes, voire de l’ensemble des cellules sanguines notamment) ; la survenue de troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée profuse) pouvant constituer un signe précoce de surdosage. La colchicine est également pourvoyeuse de nombreuses interactions médicamenteuses.
attentionIl est important ne pas prendre ces médicaments en automédication, ni de demander une prescription à un médecin pour pouvoir les utiliser. Ces médicaments n’ont pas démontré leur efficacité, ni même qu’ils n’aggravent pas la maladie COVID-19. Certains de ces médicaments ont des effets indésirables graves et leur utilisation en dehors de toute prise en charge spécialisée est potentiellement dangereuse.

D’autres essais sont en cours ou sur le point de démarrer, évaluant par exemple des traitements inhalés habituellement prescrits dans l’asthme ou la BPCO, ou encore des médicaments modulant l’immunité (comme le sarilumab ou le tocilizumab) qui pourraient avoir un intérêt dans les formes sévères de COVID-19.

Références (en anglais) :

Articles acceptés ou publiés

Etudes cliniques en cours

Dernière mise à jour le 16 juillet 2020.

#061 Qu'est-ce que la méfloquine ? Est-elle efficace pour prévenir ou traiter l'infection par COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.
La méfloquine est une molécule ancienne, utilisée comme antipaludique. En France, elle est commercialisée sous le nom de Lariam®, mais est aujourd’hui peu utilisée du fait d’effets indésirables importants, notamment neuropsychiatriques. Cette molécule reste longtemps dans l'organisme et n'est pas adaptée au traitement curatif du paludisme. De rares données in vitro (donc en laboratoire) suggèreraient une activité de la méfloquine sur des cellules infectées par le SARS-CoV-2. Toutefois, à notre connaissance, ce médicament n’a jamais été testé chez l’Homme. A l’heure actuelle, aucun élément ne permet donc d’affirmer que la méfloquine est efficace pour prévenir ou traiter la maladie COVID-19. Il ne faut pas confondre la méfloquine avec la chloroquine (se reporter à la question #018), un autre antipaludique ayant un possible effet sur le coronavirus. Un dérivé chimique de celle-ci, l’hydroxychloroquine (se reporter à la question #018), est actuellement en cours d’étude en France (se reporter à la question #020).

Références :
Fan HH, et al. Chin Med J (Engl). 2020 Mar 6. doi: 10.1097/CM9.0000000000000797.

#084 Qu'est-ce que la quinine ? Est-elle efficace pour prévenir ou traiter l'infection par COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.

La Quinine est le médicament historique de l'accès palustre. D'origine naturelle, elle est extraite de l'écorce du quinquina.
En France, dans cette indication, elle est commercialisée sous le nom de Quinimax®. C'est un médicament à marge thérapeutique étroite, ce qui veut dire que la dose efficace et la dose toxique sont très proches, ce qui impose donc de respecter scrupuleusement les conditions et modalités d'administration. En cas de surdosage, la quinine peut entraîner des troubles du rythme cardiaque, ou des troubles sensoriels constituant ce qu'on appelle le cinchonisme.
A notre connaissance, la quinine n'a pas été évaluée dans le traitement ou la prévention du COVID-19. La confusion vient de l'amalgame avec la chloroquine, autre antipaludique, ou l'hydroxychloroquine, utilisé dans des pathologies inflammatoires, qui, quant à elles, ont été évoquées et/ou évaluées dans la prise en charge de l'infection au COVID-19.

Pour en savoir plus sur ces molécules, se reporter aux fiches #018 et #019.
Pour en savoir plus sur les essais cliniques en cours pour tester des médicaments contre le COVID-19, se reporter à la fiche #020.

 Référence :
http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=69713550&typedoc=R
https://pharmacomedicale.org/medicaments/par-specialites/item/quinine-et-derives-quinidiques

#100 Les médicaments contre le paludisme sont-ils efficaces pour prévenir ou traiter une infection au COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.

Il existe de nombreux traitements pour prévenir ou traiter le paludisme : la chloroquine (NIVAQUINE®, également contenue dans SAVARINE®), la doxycycline (DOXY®, DOXYPALU®, GRANUDOXY®), l'halofantrine (HALFAN®), la luméfantrine artémether (RIAMET®), la méfloquine (LARIAM®), le pipéraquine arténimol (EURARTESIM®), le proguanil (PALUDRINE®, également contenue dans SAVARINE®), l'atovaquone proganil (MALARONE®), et la quinine (QUINIMAX®).
Ces médicaments sont tous des anti-parasitaires, sauf la doxycycline, qui est à l'origine un antibiotique ayant une action contre le plasmodium (parasite à l'origine du paludisme).
Néanmoins, certains de ces traitements sont évalués dans le traitement de l'infection au SARS Cov-2 (virus à l'origine du COVID-19). Il s'agit de la chloroquine, et de son dérivé, l'hydroxychloroquine, qui est aujourd'hui utilisée dans certaines pathologies auto-immunes telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Pour l'heure, les autres anti-paludiques sus-cités n'ont pas été testés dans la prévention ou le traitement d'une infection au COVID-19.
Pour rappel, à l'heure actuelle, l'efficacité de l'hydroxychloroquine n'est pas démontrée. Elle n'est utilisée qu'à titre compassionnel dans le traitement de l'infection au COVID-19 pour certaines formes hospitalières répondant à des critères précis et sur décision collégiale.
Pour en savoir plus sur :

  • La chloroquine et l'hydroxychloroquine : se reporter aux questions #018 et #019.
  • Les essais cliniques en cours dans le traitement de l'infection au COVID-19 : se reporter à la question #020.
  • La méfloquine : se reporter à la question #061.
  • La quinine : se reporter à la question #084.

#124 Je suis traité(e) au long cours par hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) pour une pathologie chronique (lupus, polyarthrite rhumatoïde...). Que faire en cas de rupture en pharmacie de ville ?

La réponse à cette question est issue de recommandations

L’hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) a une action démontrée et dispose donc d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) dans les indications suivantes :

  • Traitement symptomatique de la polyarthrite rhumatoïde (PR)
  • Lupus Erythémateux discoïde
  • Lupus Erythémateux subaigu
  • Traitement d’appoint et le traitement préventif des rechutes du lupus systémique
  • Traitement préventif de la lucite

Afin de garantir l’approvisionnement en PLAQUENIL® des patients traités dans le cadre de ces AMM, le décret du 25 mars 2020 indique que ce traitement ne peut être dispensé par les pharmacies d’officine que sur présentation d’une prescription initiale (primo-prescription) émanant des médecins spécialistes suivants : rhumatologues, dermatologues, néphrologues, neurologues, pédiatres, et des spécialistes en médecine interne. Les pharmacies d’officine peuvent également dispenser le PLAQUENIL® dans le cadre d’un renouvellement de prescription émanant de tout médecin. Mais dans ce cas, le renouvellement devra être accompagné de la prescription initiale émise par l’un des spécialistes citées ci-dessus.
Ces dispositions visent à éviter les interruptions de traitements.
En ce sens, le décret du 11 mai 2020 interdit aux grossistes-répartiteurs, (acteurs approvisionnant les pharmacies), d'exporter tout médicament contenant de l'hydroxychloroquine, afin de maintenir l'offre sur le territoire.
Lors de l'approvisionnement de votre pharmacie auprès de son grossiste-répartiteur, dans le cas où cet acteur de santé ne pourrait pas fournir votre pharmacien, celui-ci devra prendre contact directement avec le laboratoire SANOFI via son service d’information médical.
Dans le cas où les stocks de PLAQUENIL® seraient totalement épuisés, il convient de prendre contact avec son médecin spécialiste pour envisager un traitement alternatif ayant fait la preuve de son efficacité dans l’indication traitée. Les pharmacies hospitalières n'étant pas autorisées pour le moment à rétrocéder le PLAQUENIL® aux patients de ville.

Références :

Décret n° 2020-314 du 25 mars 2020 complétant le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire
Décret n° 2020-545 du 11 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire
https://sfr.larhumatologie.fr/actualites/plaquenil-information-medicale-sanofi-aventis-france

#129 Quels sont les risques, le suivi nécessaire, et les interactions médicamenteuses liés à l’utilisation de l’hydroxychloroquine ?

La réponse à cette question a fait l'objet d'un consensus d'experts.

Rappels sur l’hydroxychloroquine (voir question #018) :

L’hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) est utilisée dans certaines maladies auto-immunes telles que le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. C’est une molécule dite « à marge thérapeutique étroite », ce qui signifie que la dose efficace et la dose toxique sont relativement proches. Il est donc essentiel de bien respecter les modalités d’utilisation de ce médicament pour éviter l’apparition d’effets indésirables graves, notamment cardiaques. En aucun cas il ne faut prendre ce médicament sans prescription médicale.

Place de l’hydroxychloroquine dans le traitement du COVID-19 :  Sur la base de constatations in vitro, l’hydroxychloroquine a été proposée comme traitement possible du COVID-19. Néanmoins la preuve de l’efficacité clinique de l’hydroxychloroquine dans le traitement et la prévention du COVID-19 n’a pas été établie. L’hydroxychloroquine n’entraine pas de réduction de la mortalité chez les patients hospitalisé atteints du COVID-19, comparativement aux soins standards. Les essais Solidarity, Recovery et Discovery ont arrêté les inclusions dans leurs bras hydroxychloroquine. Le 17 juin, l’OMS a annoncé qu’il était mis un terme à l’étude de l’hydroxychloroquine dans le cadre de l’essai Solidarity. Cette décision s’appuie sur la base des données factuelles issues de l’essai Solidarity et Recovery, ainsi que d’une revue Cochrane portant sur d’autres données relatives à l’hydroxychloroquine. (Pour plus d’informations sur les essai cliniques en cours, se reporter à la question #020)

Risques, surveillance, et interactions médicamenteuses liés à son utilisation :

Nous rappelons les principaux points à vérifier avant de mettre en place le traitement. Attention cette liste n’est pas exhaustive.

  • Contrôle ECG (électrocardiogramme) avant et au cours du traitement, afin de suivre l’apparition d’un éventuel signe de troubles du rythme cardiaque. Ce médicament a le potentiel d’allonger l’intervalle QTc chez certains patients à risques. Il doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant un allongement de l’intervalle QT congénital ou acquis documenté et/ou des facteurs de risques connus d’allongement de l’intervalle QT (maladie cardiaque, affection pro-arythmiques, antécédents de dysrythmies ventriculaires, traitement concomitant par des agents allongeant l’intervalle QT)
  • Contrôle du bilan sanguin, notamment pour suivre la kaliémie, ion sanguin impliqué dans les troubles du rythme cardiaque.
  • Contrôle glycémique. L’hydroxychloroquine est rarement responsable d’hypoglycémie, Néanmoins une vigilance accrue vis-à-vis des patients diabétiques est nécessaire. Chez les patients diabétiques, le suivi glycémique devra être renforcé pour adapter en conséquence les posologies des anti-diabétiques. Chez les patients non diabétiques mais devant des symptômes cliniques évocateurs d’une hypoglycémie, le taux de glucose sanguin devra être contrôlé et si nécessaire le traitement devra être adapté.
  • Recherche d'antécédents de maladie épileptique ou de crises convulsives. L’hydroxychloroquine à fortes doses peut être responsable d’une augmentation du risque de convulsion. Une attention particulière devra être portée aux patients épileptiques où ayant des antécédents de crise convulsive.
  • Contrôle des autres médicaments prescrits (contre-indications, interactions potentielles, précaution d’emploi…) au patient afin d' effectuer les adaptations nécessaires pendant la durée du traitement par hydroxychloroquine.
  • Concernant les interactions médicamenteuses, potentiellement nombreuses, plusieurs sources sont consultables (2–5), leur gestion relève d’un exercice spécialisé. En cas de doute, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. L’association avec l’azithromycine, souvent reprise dans les médias, expose à un risque de troubles du rythme cardiaque accru et nécessite un suivi médical. Pour plus d’information sur l’azithromycine, voir la question #036). Dans tous les cas, l'hydroxychloroquine ne doit jamais être associée avec les médicaments suivants : Citalopram (SEROPRAM®), Escitalopram (SEROPLEX®), Hydroxyzine (ATARAX®), Dompéridone (MOTILIUM®), Pipéraquine (EURARTESIM®)  qui entrainent tous un risque majeur de torsade de pointe lorsqu'ils sont associés à l'hydroxychloroquine.
En conclusion :

L’utilisation de l’hydroxychloroquine n’est pas recommandée dans la prévention ni le traitement du COVID-19 du fait de l’absence de preuve de son efficacité clinique. Ce médicament présente de surcroit plusieurs risques important liés à son utilisation surtout à des doses élevées comme celles qui sont proposée pour le COVID 19. Pour rappel, « le médicament » n’est pas un produit comme les autres et l’une des missions essentielles des professionnels de santé est de contribuer à son bon usage. Il est primordial de pouvoir identifier les situations de mésusage afin d’en déterminer les causes, les évaluer et les éviter si possible, sinon pouvoir les prendre en charge efficacement et rapidement. Si vous êtes confrontés à une situation de mésusage médicamenteuse, il est possible d’en avertir le Centre Régional de Pharmacovigilance de Bourgogne, qui centralise au niveau national les situations de mésusage via le projet Mésange . Pour ce faire, il suffit de remplir le formulaire en ligne du Projet Mésange. Toutes les déclarations sont anonymisées que ce soit au niveau du déclarant, du patient, du médecin prescripteur, ou du pharmacien ayant dispensé. 

Références :
  1. PROTOCOLE D’UTILISATION THERAPEUTIQUE Hydroxychloroquine Infection par le coronavirus SARS-CoV-2 (maladie COVID-19) [Internet]. 2020. Disponible sur: WWW.ANSM.FRhttp://WWW.ANSM.FR
  2. Résumé des caractéristiques du produit - PLAQUENIL 200 mg, comprimé pelliculé - Base de données publique des médicaments [Internet]. [cité 22 mars 2020]. Disponible sur: http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=67767535&typedoc=R Résumé des caractéristiques du produit - PLAQUENIL 200 mg, comprimé pelliculé - Base de données publique des médicamentshttp://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=67767535&typedoc=R base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr Base de données publique des médicaments
  3. Liverpool COVID-19 Interactions [Internet]. [cité 16 avr 2020]. Disponible sur: https://www.covid19-druginteractions.org/
  4. Stockley’s Drug Interactions. In: Stockley’s Drug Interactions. 10ème édition. Karen Baxter and Claire L Preston; 2013. (Pharmaceutical Press).
  5. Thesaurus des interactions médicamenteuses de l'ANSM. Disponible sur : https://www.ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/0002510e4ab3a9c13793a1fdc0d4c955.pdf
  6. Singh B, Ryan H, Kredo T, Chaplin M, Fletcher T. Chloroquine or hydroxychloroquine for prevention and treatment of COVID‐19. Cochrane Database Syst Rev [Internet]. 2020 [cité 22 juin 2020];(4).Disponible sur: https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD013587/full

#156 Je suis traité au long cours par hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) pour une pathologie inflammatoire chronique. Suis-je protégé(e) contre le COVID-19?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’experts.

L’hydroxychloroquine est effectivement évaluée dans la prise en charge du COVID-19 (voir question #019). Néanmoins, ses indications validées sont les maladies chroniques inflammatoires telles que le Lupus ou la Polyarthrite Rhumatoïde. Mais pour ces patients, la prise chronique d’hydroxychloroquine les protège-t-elle du COVID-19 ?

doigt A cette date, il est impossible de trancher de façon certaine.

Cependant, certaines études descriptives sur ce sujet ne sont pas en faveur d’une action protectrice de la prise chronique d’hydroxychloroquine face au COVID-19

  • En France, une série de cas étudiant l’évolution clinique de 17 patients atteints du COVID-19 et de lupus systémique érythémateux traités au long cours par hydroxychloroquine a récemment été publiée. La durée médiane de traitement était de 7,5 ans, et tous les patients présentaient une concentration sanguine en hydroxychloroquine comprise dans l’intervalle thérapeutique. Chez ces patients, le traitement au long cours par hydroxychloroquine n’a pas semblé être protecteur puisque, entre autres, l’évolution a été fatale chez deux d’entre eux (1).
  • En Italie, une autre série de cas a étudié l’évolution clinique de 8 patients atteints d’arthrite chronique. Parmi eux, 4 patients avaient un COVID-19 confirmé (1 seul prenait de l’hydroxychloroquine), et 4 avaient des symptômes fortement évocateurs du COVID-19 (2 d’entre eux prenaient de l’hydroxychloroquine). Le traitement au long cours par hydroxychloroquine ne semble pas avoir protégé d’une infection au SARS-Cov2 (2,3).
  • Si l’on regarde les données du registre mondial « COVID-19 Global Rheumatology Alliance », à la date du 17 avril 2020, 80 patients atteints de COVID-19 étaient également atteints de lupus. 64 % d’entre eux prenaient de l’hydroxychloroquine avant d’être atteints du COVID-19. Chez ces patients, la fréquence des hospitalisations et le recours aux soins intensifs était identique chez les patients traités ou pas par hydroxychloroquine. Ainsi, les patients atteints de lupus et préalablement traités par hydroxychloroquine sont tout aussi sujets à une infection par le SARS-Cov2 et peuvent également développer des formes graves de COVID-19 (4).
  • Une nouvelle étude observationnelle issue des données issues du même registre « COVID-19 Global Rheumatology Alliance registry » montre que sur 600 patients atteints de rhumatisme inflammatoire chronique et présentant une infection COVID 19, la prise d’anti-paludiques tels que l’hydroxychloroquine ne semble pas réduire le taux d’hospitalisation des patients atteints, comparés aux patients ne prenant pas ce traitement. (5)
  • Parallèlement, une étude montpellérienne a montré que sur une cohorte de 120 patients suivis pour un lupus systémique érythémateux, le pourcentage de patients présentant des symptômes de l'infection au COVID-19 ne diffèrent pas entre ceux exposés au HCQ (6,9%) et ceux qui n’étaient pas (6,3%). (6)
  • Aux Etats-Unis (Michigan), une clinique spécialisée en rhumatologie a diagnostiqué 31 cas de COVID-9. Parmi eux, cinq patients (16%) présentaient un lupus érythémateux disséminé et quatre d’entre eux prenaient de l’hydroxychloroquine. Parmi les patients lupiques, cinq (80%) ont été hospitalisés, avec nécessité de ventilation pour trois d’entre eux (60%) et un patient (20%) est mort à la suite à l’infection. Ces taux étaient supérieurs au reste de la population étudiée, suggérant que les patients atteints de lupus et traités au long cours par hydroxychloroquine sont sujets à développer des formes plus graves de COVID 19, par rapport aux patients atteints d’autres maladies auto-immunes (7).

Néanmoins, il faut garder en tête que ces pathologies fragilisent les patients vis-à-vis des infections, malgré un éventuel traitement préventif.
Par ailleurs, la majorité des patients atteints de lupus et traités au long cours par HCQ atteignent des concentrations en médicament dans le plasma (liquide composant le sang) plus faibles que celles qui ont été prouvées efficaces in vitro (en laboratoire) contre le SARS-CoV2 (4).
Ainsi, l’éventuel rôle préventif de l’hydroxychloroquine, lorsque le médicament a été administré de façon chronique dans le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde est donc peu probable.
Enfin, plusieurs études sont toujours en cours pour évaluer l’effet d’un traitement préventif par hydroxychloroquine chez les personnels soignants fortement exposés (8)

Références :

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