#096 Dois-je faire des stocks de médicaments pour ma maladie chronique (hypertension artérielle, diabète, épilepsie, hypothyroïdie...)? Il y a-t-il des risques de ruptures ?

La réponse à cette question fait l'objet de recommandations.

La crise du COVID-19 a généré des inquiétudes concernant le risque de rupture d’approvisionnement,en médicaments. Si quelques tensions majeures existent actuellement, elles ne concernent que des traitements très spécifiques à usage hospitalier. Actuellement, la situation en ville ne pose pas de problème particulier, y compris pour les médicaments dits "à marge thérapeutique étroite", où les substitutions de médicament sont plus délicates  (comme pour l'épilepsie ou l'hypothyroïdie par exemple). Les éventuelles tensions qui peuvent exister sont identiques à celles d’avant la crise COVID-19. Dans ce contexte, il n’est pas nécessaire de constituer des stocks de médicaments pour les maladies chroniques. Au contraire, cela risquerait de générer des ruptures ponctuelles d’approvisionnement.

Le LEEM (syndicat des entreprises du médicaments) est en contact permanent avec les autorités de santé et aucune pénurie n’est à signaler pour le moment. Les entreprises du médicament surveillent en permanence leurs filières d'approvisionnement et se mobilisent sur l’identification des risques et les mesures à mettre en œuvre pour sécuriser l'approvisionnement du marché (1).

Concernant le cas particulier des traitements de fond des rhumatismes inflammatoires par Plaquenil® (hydroxychloroquine) et pour la prise en charge des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine par l’antirétroviral Kaletra® (lopinavir / ritonavir) et ses génériques le décret n° 2020-314 du 25 mars 2020 portant sur les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 précise les conditions de dispensation (2) :

  • Les pharmacies d’officines honoreront uniquement les prescriptions dans le respect des indications de son autorisation de mise sur le marché (AMM).
  • Pour le Plaquenil® (hydroxychloroquine) les AMM sont : prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde, du lupus érythémateux discoïde et subaigu, du lupus systémique et des lucites. Les prescriptions initiales doivent émaner de rhumatologues, internistes, dermatologues, néphrologues, neurologues et pédiatres et les renouvellements peuvent émaner de tout médecin (3).
  • Pour le Kaletra® (lopinavir / ritonavir) et ces génériques l’AMM est : prise en charge des patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH-1). La prescription initiale doit émaner d’un médecin hospitalier et les renouvellements peuvent émaner de tout médecin (4). Ce traitement est également toujours dispensé dans la pharmacie à usage intérieur des établissements de santé pour la même indication qu’en pharmacies d’officine.

S’il n’y a actuellement pas de situation de pénurie de ces traitements en France les circuits d’approvisionnement peuvent être perturbés du fait de la nécessaire organisation liée à l’usage de ces molécules dans la lutte contre le COVID-19. Dans ce contexte, si vous être traité de façon régulière par un de ces deux traitements et avant d’arriver à la fin de votre stock, nous vous invitons à anticiper votre venue chez votre pharmacien en prenant contact par téléphone avec lui. Cela permettra d’organiser, si besoin, l’approvisionnement auprès soit de son grossiste répartiteur soit du laboratoire pharmaceutique concerné.

 Références :
(1) Covid-19 : tous mobilisés ! [Internet]. [cité 1 avr 2020]. Disponible sur: https://www.leem.org/presse/covid-19-tous-mobilises
(2) Décret n° 2020-314 du 25 mars 2020 complétant le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. 2020-314 mars 25, 2020.
(3) Fiche info - PLAQUENIL 200 mg, comprimé pelliculé - Base de données publique des médicaments [Internet]. [cité 1 avr 2020]. Disponible sur:http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/extrait.php?specid=67767535
(4) Fiche info - KALETRA 200 mg/50 mg, comprimé pelliculé - Base de données publique des médicaments [Internet]. [cité 1 avr 2020]. Disponible sur: http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/extrait.php?specid=67969992#

#097 Dois-je aller voir mon médecin traitant ou spécialiste pour renouveler mon traitement chronique ?

La réponse à cette question a été donnée dans l’Arrêté du 14 mars 2020, complété par l’Arrêté du 19 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus COVID-19.

Si vous prenez un traitement pour une maladie chronique, il est probable que votre médecin vous prescrive une ordonnance pour une durée d’au moins 3 mois. Cependant, il est possible que cette ordonnance arrive à expiration dans les prochains jours. Afin d’éviter « des interruptions de traitement chronique préjudiciables à la santé des patients », le gouvernement a publié un Arrêté le 14 mars, permettant au « pharmacies d'officine de dispenser, dans le cadre de la posologie initialement prévue et lorsque la durée de validité d'une ordonnance renouvelable est expirée, un nombre de boîtes par ligne d'ordonnance garantissant la poursuite du traitement jusqu'au 31 mai 2020 ». Concrètement, même si votre ordonnance n’est plus valable, vous pouvez pour vous rendre en pharmacie pour une nouvelle dispensation de votre traitement. Attention toutefois, les médicaments stupéfiants (comme certains traitements contre la douleur par exemple) et assimilés sont exclus du champ d’application de cet arrêté.

Pour en savoir plus sur les médicaments plus particulièrement impactés par ce décret, vous pouvez notamment consulter la question #40.

Références :
Arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus covid-19 
Arrêté du 19 mars 2020 complétant l'arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus covid-19 :

#123 Je suis traité(e) au long cours par azithromycine (ZITHROMAX®) pour une pathologie chronique. Que faire en cas de rupture en pharmacie de ville ?

La réponse à cette question fait l'objet de recommandations.

L’azithromycine (ZITHROMAX®) et ses génériques sont disponibles en pharmacie de ville. Actuellement, cette molécule ne fait pas l’objet d’une rupture mais d’une tension d’approvisionnement due à l'hypothèse d'un effet bénéfique dans les conséquences de l'infection COVID-19 (voir la question #036):

  • Une rupture de stock est définie comme l’impossibilité pour un laboratoire pharmaceutique de fabriquer un médicament sur une période donnée, avec par conséquent une rupture de l’approvisionnement des pharmacies de ville ou hospitalières.
  • Les tensions d’approvisionnement signifient que des stocks sont disponibles mais en quantité insuffisante pour répondre à l’ensemble des besoins (1).

L’azithromycine (ZITHROMAX® ou génériques) a montré un intérêt pour diminuer la fréquence des exacerbations de pathologies chroniques pulmonaires comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO, communément appelée Bronchite Chronique), ou la dilatation des bronches. L’azithromycine peut être également utilisée dans les gastroparésies chroniques réfractaires. L’utilisation au long cours dans ces pathologies ne relève pas de l’autorisation de mise sur le marché du médicament et son utilisation est limitée.

Si vous êtes traité pour ces pathologies par azithromycine (ZITHROMAX® ou génériques), dans l’éventualité d’une rupture en pharmacie de ville, il est impératif de prendre un avis médical auprès de votre médecin afin d’envisager un traitement alternatif. L’azithromycine est un antibiotique appartenant à la famille des macrolides. D’autres molécules appartenant à cette même famille, ne faisant pas l’objet de tension d’approvisionnement actuellement, ont démontré des propriétés similaires à l’azithromycine au niveau pulmonaire ou digestif et pourraient être proposées en alternatives (2,3).

Actuellement, les pharmacies hospitalières n’ont pas l’autorisation de dispenser en rétrocession ces médicaments.

Références :

(1) Risque de rupture de stock et ruptures de stock des médicaments d’intérêt majeur, ANSM, 2017. (2) Jouneau, Stéphane, et Benoît Desrues. « Macrolides au long cours et pathologie bronchique chronique de l’adulte : intérêts et limites ». La Presse Médicale 43, no 5 (mai 2014): 510 19. https://doi.org/10.1016/j.lpm.2013.08.006. (3) Keshavarzian A, Isaac RM. Erythromycin accelerates gastric emptying of indigestible solids and transpyloric migration of the tip of an enteral feeding tube in fasting and fed states. Am J Gastroenterol. 1993;88(2):193.

#124 Je suis traité(e) au long cours par hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) pour une pathologie chronique (lupus, polyarthrite rhumatoïde...). Que faire en cas de rupture en pharmacie de ville ?

La réponse à cette question est issue de recommandations

L’hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) a une action démontrée et dispose donc d’une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) dans les indications suivantes :

  • Traitement symptomatique de la polyarthrite rhumatoïde (PR)
  • Lupus Erythémateux discoïde
  • Lupus Erythémateux subaigu
  • Traitement d’appoint et le traitement préventif des rechutes du lupus systémique
  • Traitement préventif de la lucite

Afin de garantir l’approvisionnement en PLAQUENIL® des patients traités dans le cadre de ces AMM, le décret du 25 mars 2020 indique que ce traitement ne peut être dispensé par les pharmacies d’officine que sur présentation d’une prescription initiale (primo-prescription) émanant des médecins spécialistes suivants : rhumatologues, dermatologues, néphrologues, neurologues, pédiatres, et des spécialistes en médecine interne. Les pharmacies d’officine peuvent également dispenser le PLAQUENIL® dans le cadre d’un renouvellement de prescription émanant de tout médecin. Mais dans ce cas, le renouvellement devra être accompagné de la prescription initiale émise par l’un des spécialistes citées ci-dessus.
Ces dispositions visent à éviter les interruptions de traitements.
En ce sens, le décret du 11 mai 2020 interdit aux grossistes-répartiteurs, (acteurs approvisionnant les pharmacies), d'exporter tout médicament contenant de l'hydroxychloroquine, afin de maintenir l'offre sur le territoire.
Lors de l'approvisionnement de votre pharmacie auprès de son grossiste-répartiteur, dans le cas où cet acteur de santé ne pourrait pas fournir votre pharmacien, celui-ci devra prendre contact directement avec le laboratoire SANOFI via son service d’information médical.
Dans le cas où les stocks de PLAQUENIL® seraient totalement épuisés, il convient de prendre contact avec son médecin spécialiste pour envisager un traitement alternatif ayant fait la preuve de son efficacité dans l’indication traitée. Les pharmacies hospitalières n'étant pas autorisées pour le moment à rétrocéder le PLAQUENIL® aux patients de ville.

Références :

Décret n° 2020-314 du 25 mars 2020 complétant le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire
Décret n° 2020-545 du 11 mai 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire
https://sfr.larhumatologie.fr/actualites/plaquenil-information-medicale-sanofi-aventis-france

#130 J’ai un début d’infection urinaire, il me reste des antibiotiques à la maison, puis-je les prendre pour éviter de me déplacer ?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’experts.

attentionNon, vous ne devez pas prendre de médicaments sur ordonnance en automédication après avoir fait votre propre hypothèse diagnostique. Même si la situation vous semble similaire. L’autodiagnostic et l’automédication vous exposent à des conséquences graves pour votre santé.

Le diagnostic médical et le traitement des maladies comportent de nombreuses subtilités.

Il faut demander conseil à votre médecin généraliste ou s’il est absent à un autre médecin disponible. La plupart des médecins généralistes sont équipés d’un système de téléconsultation qui vous évitera de vous déplacer.

Pour reprendre l’exemple de symptômes vous évoquant une infection urinaire, le diagnostic et le traitement découleront de nombreux facteurs et possiblement d’une analyse urinaire. La prescription d’un antibiotique et le type d’antibiotique utilisé dépendront par exemple du nombre d’infections urinaires que vous avez déjà faites, des dernières analyses d’urines, de votre température, de si vous êtes enceinte, de si l’infection fait suite à un rapport sexuel, de vos allergies etc. Un médecin vérifiera systématiquement si vous présentez des signes d’infection plus grave du rein (pyélonéphrite) qui nécessite un traitement antibiotique spécifique.

doigtQuelques conseils pratiques qui peuvent parfois à eux seuls permettre d’empêcher un début d’infection urinaire :

boire beaucoup d’eau, urinez dès que le besoin se fait ressentir et ne surtout pas se retenir, porter des sous-vêtements en coton ou encore consommer des produits à base de canneberge (jus, nectars de jus ou extraits).

#133 Je n'ai plus de Paracétamol chez moi. Combien de boîte pourrais-je acheter en pharmacie ?

La réponse à cette question est issue de recommandations.

Dans le contexte de l'épidémie du coronavirus (COVID-19), les médicaments exclusivement composés de paracétamol sont délivrés dans une certaine limite afin de favoriser leur bon usage et de garantir leur disponibilité.

Désormais, et au moins jusqu'au 11 mai 2020, la dispensation sans ordonnance de spécialités composées exclusivement de paracétamol est limitée :

  • à deux boîtes (500mg ou 1g) par patient présentant des symptômes de type fièvre ou douleurs
  • à une boîte (500mg ou 1g) par patient en l'absence de symptôme.

Sur présentation d’une ordonnance, le pharmacien délivre la quantité prescrite par le médecin, après avoir validé la conformité de la prescription.
Qu'il s'agisse de délivrance avec ou sans ordonnance, le nombre de boites dispensées sera inscrit dans le dossier pharmaceutique du patient.
Pour les mêmes raisons, la vente par internet des spécialités composées exclusivement de paracétamol est suspendue.
Pour plus d'information concernant le bon usage du paracétamol, se reporter à la question #024.

Références : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041746744&dateTexte=20200416

#134 Je prends des substituts nicotiniques (patch, gomme...) dans le cadre mon sevrage tabagique. Dois-je craindre une rupture en pharmacie ?

La réponse à cette question s'appuie sur un texte de loi.

Les substituts nicotiniques, qu'ils soient sous forme de patch, de gomme etc, sont des médicaments. Ils sont disponibles en pharmacies sur ordonnance ou en ventre libre. Ils sont d'ailleurs inscrits sur la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux depuis 2018 sur présentation d'une prescription médicale.
Récemment, la nicotine a été évoquée comme piste thérapeutique du COVID-19. A ce jour, il est formellement déconseillé d'utiliser les substituts nicotiniques en dehors d'un sevrage tabagique. La nicotine dans la prise en charge du COVID-19 n'est qu'une hypothèse, elle n'a pas été testée, ni en termes d'efficacité, ni en termes de sécurité. Les substituts nicotiniques sont des médicaments et exposent donc à des effets indésirables, notamment lorsqu’ils sont utilisés dans des indications n’ayant pas fait l’objet d’une évaluation robuste. De plus, ils exposent à un risque de dépendance.
Certains patients en sevrage tabagique craignent des ruptures de stock en substituts nicotiniques en pharmacie de ville suite à la publication de cette hypothèse dans les médias.
Le ministère de la santé a donc pris les devants pour éviter des ruptures de stock. L'article 1 de l'Arrêté du 23 avril 2020 complétant l'arrêté du 23 mars 2020 prévoit ainsi que :

  • Jusqu'au 11 mai 2020, la dispensation par les pharmacies d'officine de spécialités contenant de la nicotine et utilisées dans le traitement de la dépendance tabagique est limitée au nombre de boîtes nécessaire pour un traitement d'une durée de 1 mois. Le nombre de boîtes dispensées est inscrit au dossier pharmaceutique, que le patient ait ou non présenté une ordonnance médicale.
  • La vente par internet des spécialités sus-mentionnées est suspendue.

Si vous êtes concerné, il conviendra donc de créer votre dossier pharmaceutique en pharmacie, si ce n'est pas déjà fait.
Pour plus d'information concernant la vente en ligne de médicaments, vous pouvez consulter la question #141.

Références : Article 1 de l'Arrêté du 23 mars 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=A111299451C9F4E6D2086BBA5819D4B1.tplgfr38s_1cidTexte=JORFTEXT000041817219&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000041817165
https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Substituts-nicotiniques-attention-aux-risques-notamment-pour-les-non-fumeurs-Point-d-information

#137 Comment fonctionne le circuit du médicament dispensé en rétrocession (à l'hôpital) et en Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU) dans cette période d'épidémie à COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts s'appuyant sur un texte de loi.

Comme les médicaments dispensés en pharmacie d'officine, ceux dispensés à l'hôpital en rétrocession continuent à l'être, même si la durée de validité de l’ordonnance est dépassée. Cette mesure est applicable jusqu’au 31 mai 2020. Cette mesure est également applicable pour les médicaments à statut particulier comme ceux sous Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU) nominative ou de cohorte, non réservés à un usage hospitalier strict et prescrits dans le cadre d'un traitement chronique.
Cependant, avant de se rendre à la pharmacie hospitalière, il convient de prendre contact avec celle-ci pour connaître les modalités d’accès à la pharmacie, en période de confinement. En effet, certains hôpitaux ont mis place des modalités d’accès particulières aux locaux hospitaliers. Ces modalités peuvent prendre la forme de rendez-vous pour la remise des médicaments.
Pour les patients ne pouvant se rendre à l’hôpital, un dispositif a été mis en place pour permettre l’acheminement des médicaments depuis l’hôpital vers la pharmacie d’officine la plus proche de votre domicile. Pour bénéficier de ce dispositif, il convient de vous rendre dans votre pharmacie d’officine habituelle qui prendra contact avec votre pharmacie hospitalière habituelle.

Références :

Arrêté du 23 mars 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/covid-19_fiche-retrocession-ambulatoire-pharmacie.pdf

#138 Les préparations magistrales / hospitalières, notamment pour mon enfant, sont-elles toujours préparées dans le contexte d'épidémie à COVID-19. Comment faire pour les récupérer ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts s'appuyant sur un texte de loi.

Comme les autres médicaments, les préparations magistrales / hospitalières peuvent continuer à être dispensées aux patients, même si la durée de validité de l’ordonnance est dépassée. Cette mesure est applicable jusqu’au 31 mai 2020.
Cependant, avant de se rendre à la pharmacie hospitalière, il convient de prendre contact avec celle-ci pour que la fabrication de la préparation soit programmée. En effet, certaines pharmacies hospitalières peuvent se trouver en situation de tension en ressources humaines et également en matière première. De plus, certains hôpitaux ont mis place des modalités d’accès particulières aux locaux hospitaliers. Ces modalités peuvent prendre la forme de rendez-vous pour la remise des médicaments.
Pour les patients ne pouvant se rendre à l’hôpital, un dispositif a été mis en place pour permettre l’acheminement des médicaments depuis l’hôpital vers la pharmacie d’officine la plus proche de votre domicile. Pour bénéficier de ce dispositif, il convient de vous rendre dans votre pharmacie d’officine habituelle qui prendra contact avec votre pharmacie hospitalière habituelle.

Références :
Arrêté du 23 mars 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/covid-19_fiche-retrocession-ambulatoire-pharmacie.pdf

#150 Je dépanne un proche en allant chercher ses médicaments à la pharmacie. Certains sont froids. Que dois-je faire ?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’expert.

Les médicaments froids nécessitent d’être gardés à basse température (entre +2 et +8 °C) en raison du risque de dégradation du principe actif.
En règle générale, il est conseillé :

  • De rentrer chez vous ou chez votre proche juste après avoir récupéré le médicament, pour éviter une augmentation de la température dépassant les +8°C.
  • Si cela n'est pas possible, vous pouvez vous rendre à la pharmacie munie d’un emballage isotherme (glacière ou sac/pochette isotherme, le cas échéant, le pharmacien peut vous dépanner d’une pochette isotherme) avec un accumulateur de froid (parfois appelés "pains de glaces" ou "plaques eutectiques"). Généralement, ces accumulateurs de froid sont efficaces de 30 min à 1h en fonction des modèles et s’ils ont été correctement refroidit au minimum 6 h (avant utilisation) à -18°C.
  • Il n'est pas conseillé de mettre ces accumulateurs de froid directement en contact avec le médicament, cela pourrait avoir pour effet d'abaisser la température en deçà de +2°C au niveau de la zone de contact et entraîner une dégradation du médicament.
  • Pendant le transport, veillez à ne pas mettre le médicament (et/ou l’emballage isotherme) directement sur le tableau de bord de votre véhicule en particulier lorsqu'il fait beau et chaud. Cette zone est particulièrement chaude dans le véhicule.
  • Lors du stockage du médicament dans le réfrigérateur il est déconseillé de le positionner au niveau dans la porte ou du bac à légumes. Ces zones sont plus sujettes à des écarts de températures délétères pour le médicament.

Si toutefois le médicament est resté trop longtemps à température ambiante, a été exposé à la chaleur ou s'il a gelé dans votre réfrigérateur, nous vous invitons à demander conseil à votre pharmacien d'officine avant toute utilisation.

 

La prise en charge des excursions de température, c'est à dire, des variations de températures en dehors de l'intervalle préconisé, doit être analysée au cas par cas en raison des conséquences différentes selon le médicament, l'amplitude de la variation de température, et la durée de l'excursion.
 
Références :
Recommandations relatives au transport des produits de santé sous température dirigée (5°C +/- 3°C) – Ordre National des pharmaciens – octobre 2012 http://www.ordre.pharmacien.fr/content/download/84293/508672/version/1/file/Recommadations-relatives-au-transport-des-produits-de-sante-sous-temperature-dirigee-Section-B.pdf
Conservation des médicaments en cas de vague de chaleur – ANSM – Juin 2015 https://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/5c90cb289e3e931688fa8c9bee5fd26e.pdf

#159 J'ai entendu parler de la naloxone pour les usagers à risques de surdoses d’opioïdes et leur entourage pendant la période d’épidémie COVID-19. Quel est l'intérêt des kits de naloxone prêts à l'emploi ? Comment puis-je m'en procurer ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts

La situation actuelle liée au COVID-19 est déstabilisante pour la population en général mais probablement plus encore pour les personnes vulnérables confrontées à des problèmes sanitaires et des difficultés sociales.

Ce contexte inédit peut ainsi conduire à des conduites à risques et à des consommations mal contrôlées notamment avec les substances opioïdes.

La naloxone est l'antidote qui permet justement de contrer les effets de l’overdose (ou surdose) d'opioïdes (qu'il s'agisse d'utilisation médicamenteuse - antalgiques opioïdes, traitements de substitution - ou de substances illicites). La surdose d'opioïdes est suspectée devant toute personne présentant des troubles de la conscience, un ralentissement de la fréquence respiratoire (inférieure à 10 par minute) et des pupilles resserrées. La naloxone agit rapidement : quelques minutes seulement après administration, les signes régressent : la personne se réveille, la fréquence respiratoire réaugmente. Si un malade, traité par opioïdes pour une douleur, présente de tels signes de surdose, il doit, lui aussi, bénéficier d'une administration de naloxone. Il existe maintenant des kits de naloxone prête à l'emploi. Ils sont destinés à être utilisés par tous, même sans être professionnel de santé. Cela permet d'agir sans délai, dans l'attente des secours qui assureront la prise en charge médicale, restant toujours indispensable, car la naloxone a une courte durée d’action. Il n'y a pas de risque à administrer la naloxone, en cas de suspicion d'une surdose : même si la personne n'a pas pris d'opioïdes, la naloxone n'entrainera aucun effet.

Deux formes sont disponibles : un spray nasal (Nalscue®) et une forme injectable en intramusculaire (Prenoxad®). Les kits Nalscue® et Prenoxad® sont délivrés gratuitement aux personnes à risques dans les structures suivantes : les CSAPA (centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie), les CAARUD (centre d'accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues), à l'hôpital (en sortie de service d'addictologie, des urgences), les unités sanitaires en milieu pénitentiaire pour les usagers sortant de détention, les équipes mobiles de soins aux personnes en situation de précarité ou d'exclusion gérés par des associations. Une formation précise sur les modalités d'utilisation de ces médicaments est disponible et accessible à tous via le via le site www.naloxone.fr

Le Prenoxad® est aussi disponible en pharmacie d'officine : une prescription médicale n'est pas nécessaire mais dans ce cas il n'y a pas de remboursement. Sur prescription médicale, Prenoxad® est remboursé à 65% par l'assurance maladie.

Références

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