#156 Je suis traité au long cours par hydroxychloroquine (PLAQUENIL®) pour une pathologie inflammatoire chronique. Suis-je protégé(e) contre le COVID-19?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’experts.

L’hydroxychloroquine est effectivement évaluée dans la prise en charge du COVID-19 (voir question #019). Néanmoins, ses indications validées sont les maladies chroniques inflammatoires telles que le Lupus ou la Polyarthrite Rhumatoïde. Mais pour ces patients, la prise chronique d’hydroxychloroquine les protège-t-elle du COVID-19 ?

doigt A cette date, il est impossible de trancher de façon certaine.

Cependant, certaines études descriptives sur ce sujet ne sont pas en faveur d’une action protectrice de la prise chronique d’hydroxychloroquine face au COVID-19

  • En France, une série de cas étudiant l’évolution clinique de 17 patients atteints du COVID-19 et de lupus systémique érythémateux traités au long cours par hydroxychloroquine a récemment été publiée. La durée médiane de traitement était de 7,5 ans, et tous les patients présentaient une concentration sanguine en hydroxychloroquine comprise dans l’intervalle thérapeutique. Chez ces patients, le traitement au long cours par hydroxychloroquine n’a pas semblé être protecteur puisque, entre autres, l’évolution a été fatale chez deux d’entre eux (1).
  • En Italie, une autre série de cas a étudié l’évolution clinique de 8 patients atteints d’arthrite chronique. Parmi eux, 4 patients avaient un COVID-19 confirmé (1 seul prenait de l’hydroxychloroquine), et 4 avaient des symptômes fortement évocateurs du COVID-19 (2 d’entre eux prenaient de l’hydroxychloroquine). Le traitement au long cours par hydroxychloroquine ne semble pas avoir protégé d’une infection au SARS-Cov2 (2,3).
  • Si l’on regarde les données du registre mondial « COVID-19 Global Rheumatology Alliance », à la date du 17 avril 2020, 80 patients atteints de COVID-19 étaient également atteints de lupus. 64 % d’entre eux prenaient de l’hydroxychloroquine avant d’être atteints du COVID-19. Chez ces patients, la fréquence des hospitalisations et le recours aux soins intensifs était identique chez les patients traités ou pas par hydroxychloroquine. Ainsi, les patients atteints de lupus et préalablement traités par hydroxychloroquine sont tout aussi sujets à une infection par le SARS-Cov2 et peuvent également développer des formes graves de COVID-19 (4).
  • Une nouvelle étude observationnelle issue des données issues du même registre « COVID-19 Global Rheumatology Alliance registry » montre que sur 600 patients atteints de rhumatisme inflammatoire chronique et présentant une infection COVID 19, la prise d’anti-paludiques tels que l’hydroxychloroquine ne semble pas réduire le taux d’hospitalisation des patients atteints, comparés aux patients ne prenant pas ce traitement. (5)
  • Parallèlement, une étude montpellérienne a montré que sur une cohorte de 120 patients suivis pour un lupus systémique érythémateux, le pourcentage de patients présentant des symptômes de l'infection au COVID-19 ne diffèrent pas entre ceux exposés au HCQ (6,9%) et ceux qui n’étaient pas (6,3%). (6)
  • Aux Etats-Unis (Michigan), une clinique spécialisée en rhumatologie a diagnostiqué 31 cas de COVID-9. Parmi eux, cinq patients (16%) présentaient un lupus érythémateux disséminé et quatre d’entre eux prenaient de l’hydroxychloroquine. Parmi les patients lupiques, cinq (80%) ont été hospitalisés, avec nécessité de ventilation pour trois d’entre eux (60%) et un patient (20%) est mort à la suite à l’infection. Ces taux étaient supérieurs au reste de la population étudiée, suggérant que les patients atteints de lupus et traités au long cours par hydroxychloroquine sont sujets à développer des formes plus graves de COVID 19, par rapport aux patients atteints d’autres maladies auto-immunes (7).

Néanmoins, il faut garder en tête que ces pathologies fragilisent les patients vis-à-vis des infections, malgré un éventuel traitement préventif.
Par ailleurs, la majorité des patients atteints de lupus et traités au long cours par HCQ atteignent des concentrations en médicament dans le plasma (liquide composant le sang) plus faibles que celles qui ont été prouvées efficaces in vitro (en laboratoire) contre le SARS-CoV2 (4).
Ainsi, l’éventuel rôle préventif de l’hydroxychloroquine, lorsque le médicament a été administré de façon chronique dans le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde est donc peu probable.
Enfin, plusieurs études sont toujours en cours pour évaluer l’effet d’un traitement préventif par hydroxychloroquine chez les personnels soignants fortement exposés (8)

Références :

(Hydroxy)chloroquine

  • Dernière mise à jour le .

Conception Internet Bordeaux LOGO internet bordeaux mini - Webmaster Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.