#001 Je prends un corticoïde qui m’a été prescrit pour une maladie chronique. Dois-je l’arrêter ?

La réponse à cette question a fait l’objet de recommandations par plusieurs sociétés savantes.

Ces médicaments pris de façon chronique notamment pour une maladie auto-immune (rénale,...) ou inflammatoire (rhumatismale, …) ne doivent pas être arrêtés de votre propre initiative. En effet, tout arrêt injustifié du traitement pourrait entrainer une rechute de votre maladie et compliquer votre prise en charge dans le contexte actuel. Compte tenu de votre fragilité, il est indispensable d’adopter les mesures préventives recommandées (gestes barrières et confinement au domicile autant que possible).

attentionEn cas de signes évocateurs d’infection (fièvre, toux, courbatures,...), il faut contacter votre médecin traitant et/ou le médecin référent de votre maladie.   

Références

#009 Je suis traité par injections de corticoïdes intra-articulaires. Dois-je les annuler ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.
De façon générale, le traitement systémique par glucocorticoïdes est associé à une augmentation immédiate du risque d'infection, en particulier par des agents pathogènes bactériens, viraux et fongiques courants. Ce risque augmente avec la dose administrée. D'autres facteurs tels que la fréquence des administrations, l'intensité du traitement et des facteurs individuels viennent majorer ce risque. En ce qui concerne les injections intra-articulaires, du fait d'une possible diffusion du médicament en dehors de l'articulation, il existe la même contre-indication qu’avec les corticoïdes par voie générale (voie orale, voie intraveineuse...), en cas de virose en évolution (notamment hépatites, herpès, varicelle, zona), en particulier si les injections sont multiples (plusieurs localisations) ou répétées à court terme. Le RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit, soit la notice) des spécialités utilisées dans des indications rhumatologiques (ex : DIPROSTENE) précise dans le paragraphe "usage local" que la corticothérapie peut favoriser la survenue de diverses complications infectieuses. 
Au total, compte tenu des risques infectieux actuels, il est préférable de ne pas réaliser ces injections intra-articulaires sans caractère d'urgence pendant cette pandémie.

#023 Je prends un traitement immunosuppresseur ou une biothérapie pour une maladie auto-immune ou auto-inflammatoire. Dois-je l'arrêter ?

La réponse à cette question fait l’objet de recommandations des sociétés savantes.
De façon générale : Il vous faut poursuivre le traitement de votre pathologie. Si vous êtes sous corticoïdes, immunosuppresseurs ou biothérapies, vous êtes plus fragiles. Restez autant que possible à votre domicile, demandez à votre entourage de faire vos courses et limitez les contacts en respectant les gestes barrières. Aucun arrêt systématique des traitements immunosuppresseurs et biothérapies n'est recommandé. Toute suspension de votre traitement habituel vous exposerait à une poussée de votre maladie auto-immune et/ou inflammatoire (par exemple rhumatismale) et ainsi à un épisode de fragilité.
Si vous présentez des symptômes évocateurs de COVID-19 : Contactez votre médecin, il vous donnera la conduite à tenir concernant vos traitements et votre prise en charge. Ne vous rendez pas directement chez votre médecin ou à l’hôpital, et ne contactez le 15 qu’en cas de signes graves. 

#025 Je suis sous traitement immunosuppresseurs, corticoïdes ou biothérapies et devais être vacciné(e) bientôt. La vaccination est-elle contre-indiquée actuellement ?

La réponse à cette question a fait l'objet de recommandations.
La vaccination n'est pas contre-indiquée actuellement. Au contraire, la gravité de l’infection Covid-19 est parfois liée à des infections secondaires bactériennes d’où l’importance d'être à jour pour les vaccinations qui vous sont recommandées. Ces vaccins ne préviendront pas l’infection COVID-19, mais peuvent réduire le risque d'une infection secondaire et prévenir des maladies qui pourraient être confondues avec l’infection COVID-19.

Références :
Information de la Société Savante des Maladies et Cancers de l'appareil digestif 9 mars 2020  
Vaccination des personnes immunodéprimées ou aspléniques : Recommandations Haut Conseil de Santé Publique 2015 : https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=504

#082 Je prends de la colchicine dans le cadre d’accès aigus microcristallins (goutte, chondrocalcinose…), péricardite, maladie de Behçet ou maladie périodique. Dois-je arrêter mon traitement dans le contexte de COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’experts et de recommandations de la part de la Société Française de Rhumatologie.

Il n’existe pas à ce jour de données en faveur d’un risque accru de contracter une infection au COVID-19 avec ce médicament, et il n’est pas connu pour diminuer les voies de lutte contre les infections virales. La colchicine n’appartient pas aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Vous ne devez donc pas arrêter votre médicament s’il vous a été prescrit par un médecin dans le cadre d’accès aigus microcristallins (goutte, chondrocalcinose…), péricardite, maladie de Behçet ou maladie périodique. L’arrêt de ce médicament vous exposerait à un risque de récidive de votre maladie.
Par ailleurs, la prise de colchicine ne doit en aucun cas être réalisée en dehors de ces indications et sans prescription médicale. Nous rappelons que ce médicament a une marge thérapeutique étroite qui expose à des effets indésirables graves notamment en cas de surdosage (diminution du nombre de globules blancs, de plaquettes, voire de l’ensemble des cellules sanguines notamment); la survenue de troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée profuse) pouvant constituer un signe précoce de surdosage. La colchicine est également pourvoyeuse de nombreuses interactions médicamenteuses.
A la date du 01/04/2020, 3 essais cliniques vont évaluer les effets de la colchicine pour lutter contre les conséquences de l’inflammation liée à l’infection au COVID-19. Il n’existe à ce jour aucune donnée scientifique publiée sur une quelconque efficacité de la colchicine pour traiter les symptômes de COVID19

Références : https://arthritis-research.biomedcentral.com/articles/10.1186/s13075-020-2120-7 https://sfr.larhumatologie.fr/actualites/reponses-patients-du-21-mars-covid-19 https://www.rfcrpv.fr/quil-faut-savoir-colchicine/

#113 Je suis atteint(e) de psoriasis, et prends dans ce cadre des médicaments par voie orale ou injectable. Dois-je les poursuivre dans le contexte de l'épidémie au COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d'un consensus d'experts.

Les recommandations sont très claires, il ne faut en aucun cas arrêter vos traitements de fond, quelle que soit la pathologie concernée, sans l'avis de votre médecin généraliste ou spécialiste. L'arrêt brutal de ce traitement pourrait être à l'origine de ce qu'on appelle un effet rebond, et pourrait ainsi exacerber vos symptômes. L'arrêt injustifié de votre traitement de fond pouvant être néfaste, nous vous recommandons donc de le poursuivre, sauf avis contraire de votre médecin.

Il existe plusieurs lignes de traitement dans la prise en charge du psoriasis :

  • Quelle que soit l'importance de votre atteinte, vous êtes susceptible d'utiliser des crèmes à base de corticoïdes. Il n’y a pas actuellement de données suggérant que les corticoïdes utilisés par voie locale augmentent le risque d’infection, la gravité ou la durée de l’infection à COVID-19. En revanche, l'arrêt du traitement vous expose à un risque de recrudescence de votre affection cutanée. Pour plus d'information à ce sujet, vous pouvez consulter la question #052.
  • Dans les cas plus sévères, un traitement par voie orale ou injectable peut vous être prescrit. Si vous êtes concerné(e), encore une fois, n'arretez pas vos traitements de fond sans l'avis de votre médecin. En effet, à l'heure actuelle, aucune donnée scientifique ne montre un bénéfice à stopper les traitements immunomodulateurs ou immunosuppresseurs qui sont prescrits dans le cadre du psoriasis. En revanche, il y a un risque d'effet rebond de votre pathologie à leur arrêt. De plus, si vous êtes traité par biothérapie*, il y a un risque d'allergisation en cas d'arrêt puis reprise ultérieure du traitement. C'est à dire qu'en cas d'arrêt brutal de ce type de traitement, votre corps peut produire des anticorps dirigés contre le médicament. Ainsi, lors de la réintroduction du médicament, il est plus rapidement éliminé de l'organisme, et est moins efficace.

*Biothérapies indiquées dans la prise en charge du psoriasis :

  • Adalimumab (HUMIRA®, HYRIMOZ®, HULIO®, IMRALDI®, IDACIO®)
  • Etanercept (BENEPALI®, ENBREL®, ERELZO®)
  • Infliximab (FLIXABI®, INFLECTRA®, REMICADE®, REMSIMA®)
  • Secukinumab (COSENTYX®)
  • Ustekinumab (STELARA®)

Références : https://grpso.org/actualite/50# https://www.jaad.org/article/S0190-9622(20)30466-7/pdf

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