2 L’impossible démonstration de l’absence d’effet indésirable
3 Les essais de non-infériorité de safety
4 Conclure à l’existence d’un effet indésirable
4.1 Le risque d’inflation des faux positifs en safety
5 Comment décider en présence d’un surcroit d’effets indésirables
6 L’approche quantitative de la balance bénéfice risque
7 Variation de la balance bénéfice risque dans les strates de patients
Malgré les aspects légitimes de la gestion de la safety des nouveaux traitements suivant le principe de précaution, la laxité méthodologique qu’il autorise fait émerger une problématique d’inflation des faux positifs. Pour réduire le risque de faux négatif, la moindre observation en faveur d’un risque potentiel est souvent prise en considération et conduit à la non-utilisation du traitement même dans le cas d’observation peut robuste. De ce fait, le moindre faux positif peut être érigé en fait « probant » devant conduire à une décision. Comme la démarche sur laquelle est appliqué le principe de précaution est par essence exploratoire et inductive, des signaux de défaut de safety sont cherchés tous azimuts, entrainant une très forte multiplicité de comparaisons. Le risque de faux positifs devient alors considérable. Ainsi les problématiques de p hacking, de découvertes fortuites par fouille intensive des données, de cherry picking, de selective reporting, de HARking note n° 6 sont toutes aussi présentes que lors de l’évaluation de l’efficacité, mais ne peuvent pas être considérées pour disqualifier les signaux identifiés (sans être accusé de favoriser les intérêts du traitement évalué par exemple).
Cette problématique des faux positifs est aussi amplifiée par le fait que l’analyse retrospective de la safety (à partir de base de données, de méta-analyses, etc.) est facilement réalisable par les chercheurs académiques et offre ainsi de nombreuses opportunités à publication. Les problématiques liées à l’infodémie et au changement de finalité de la recherche apparaissent ainsi à ce niveau (cf. section 3.4 « Infodémie » et course à la publication du livre blanc).
Le juste équilibre nécessaire entre risque de faux négatifs et risque de faux positifs est difficile à obtenir. Depuis que cette problématique est discutée, quelques exemples de remise en cause de l’existence de certains effets indésirables considérés pourtant comme acquis apparaissent comme avec les statines et les symptômes musculaires [19] , les pneumopathies avec les inhibiteurs de la pompe à protons [20] , etc.
[6] Cf. le dossier De la nécessité de la méthodologie dans l’évaluation des médicaments, section 3. Distorsion de la connaissance scientifique