#175 Qu’est-ce que le plasma convalescent ? Est-il efficace pour traiter la COVID-19 ?

La réponse à cette question est issue d’un consensus d’experts.

doigtLe plasma convalescent est le plasma provenant de personnes ayant eu une infection de la COVID-19, maintenant guéris dans lequel on retrouve des anticorps fabriqués par le patient et spécifiquement dirigés contre la COVID-19.

Les personnes qui ont guéri de la COVID-19 développent des défenses naturelles dans leur sang (anticorps). Ces anticorps se trouvent dans une fraction du sang appelée plasma. Le plasma provenant de dons de sang de patients guéris, qui contient des anticorps contre le virus responsable de la COVID-19, peut être utilisé pour faire deux préparations. Premièrement, le plasma de convalescents, qui est le plasma contenant ces anticorps. Deuxièmement, une immunoglobuline hyperimmune, qui est plus concentrée et contient donc plus d’anticorps.

attentionA l’heure actuelle, nous observons une absence d’effet bénéfique du plasma convalescent sur la mortalité des patients hospitalisés pour la COVID-19. 

Plusieurs essais cliniques, dont des essais randomisés, ont été menés à travers le monde pour essayer d’établir ou non l’intérêt de ce plasma convalescent dans le traitement de la COVID-19.

Une récente revue systématique de la littérature et méta-analyse [1] conclut à l’absence d’efficacité du plasma convalescent.
Cette méta-analyse est faite en 2 parties, une première analysant 4 essais cliniques randomisés publiés après une revue par un comité de pairs, comptant 1060 patients et une deuxième qui ajoute 6 études dont des études en preprint (avant une revue par un comité de pairs) et des communiqués de presse, pour un total de 10 722 patients.
Concernant étude de l’efficacité du plasma convalescent sur la mortalité, on ne retrouve pas de différence statistiquement significative entre le groupe traité par plasma convalescent et le groupe contrôle :
• La première analyse retrouve 11,6 % (69/595) de mortalité dans le groupe traité par plasma convalescent contre 12,7 % (59/465) dans le groupe contrôle. Le risque relatif (RR) résumé de ces 4 études était 0,93 (IC95% [0,63-1,38], p=0,60).
• La deuxième analyse quant à elle retrouvait un risque relatif de 1,02 (IC95% [0,92-1,12], p=0,68).
La première analyse ne montrait pas de différence statistiquement significative sur la durée d’hospitalisation (RR résumé 1,17 (IC95% [0,07-20,34], p=0,61)), ni sur le recours à l’utilisation de ventilation mécanique (RR résumé 0,76 (IC95 [0,20-2,87], p=0,35)). La seconde analyse confirme ce constat : avec un RR résumé de 1,07 (CI95% [0,79-1,45], p=0,87) pour l’hospitalisation et un RR résumé de 0,81 (CI95% [0,42-1,58], p=0,88) concernant le recours à l’utilisation de ventilation mécanique.
Il n’était pas possible de calculer RR résumé au vu de l’hétérogénéité des critères utilisés pour caractériser l’amélioration ou la détérioration clinique sur l’ensemble des études, mais sur les 5 études (3 essais randomisés revus par des pairs et 2 preprints) qui étudiées ces paramètres, aucunes ne montrent d’amélioration ou de détérioration statistiquement prouvée.
De la même manière, ils n’ont pas pu combiner dans cette analyse les effets indésirables, étudiés dans seulement 3 des essais. En résumé, 60 effets indésirables sérieux ont été rapportés sur 309 patients dans le groupe traité par plasma convalescent, et 26 sur 191 patients dans le groupe contrôle.

Vous pouvez également consulter la méta-analyse dynamique (site metaevidence.org).

Références

Evaluation de nouveaux traitements